« Les soins parodontaux, visant à améliorer et à préserver la santé parodontale, pourraient contribuer à réduire le risque de démence », conclut une étude japonaise publiée dans le Journal of Clinical Periodontology le 16 août.
Les chercheurs y rapportent une association entre la sévérité de l’atteinte parodontale et le risque ultérieur de développer une démence.
L’étude s’appuie sur les données de la cohorte populationnelle japonaise « Hisayama, » qui a suivi pendant dix ans 1 396 adultes âgés de 60 ans et plus ne présentant pas de démence au début du suivi. L’état parodontal a été évalué à partir de plusieurs indicateurs cliniques, notamment la profondeur des poches parodontales, la perte d’attache et le saignement au sondage.
Au cours du suivi, 267 participants ont développé une démence, dont 194 une maladie d’Alzheimer et 51 une démence vasculaire, seconde forme de démence après la maladie d’Alzheimer, résultant d’une altération de la circulation sanguine cérébrale.
Comparés aux participants présentant les meilleurs paramètres parodontaux, ceux appartenant aux catégories les plus défavorables présentaient un risque accru de démence.
Surrisque de 72 %
L’association apparaît particulièrement marquée pour la maladie d’Alzheimer. Comparés aux participants présentant la meilleure santé parodontale, ceux ayant les poches parodontales les plus profondes présentaient un risque d’Alzheimer accru de 72 %.
L’ augmentation du risque était de 59 % en cas de perte d’attache clinique importante et de 56 % lorsque le saignement gingival au sondage était le plus élevé.
Les résultats concernant la démence vasculaire sont moins solides. Seule une tendance « non significative » statistiquement a été observée chez les sujets présentant les poches parodontales les plus profondes.
L’état parodontal des individus de la cohorte n’a pas été évalué une seule fois mais à deux reprises, au début du suivi puis cinq ans plus tard. Les résultats étant restés comparables après prise en compte de cette évolution, les chercheurs estiment que cela conforte l’hypothèse d’un lien entre mauvaise santé parodontale et risque de démence.
Les mécanismes expliquant cette association restent à confirmer, mais l’étude évoque le rôle potentiel de bactéries parodontopathogènes qui, après leur passage dans la circulation sanguine, pourraient participer aux processus neurodégénératifs.
Les auteurs rappellent aussi que l’inflammation parodontale chronique est liée aux développement de maladies cardiovasculaires, elles-mêmes facteurs de risque de démence.
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