L’implantologie dentaire a révolutionné les techniques de réhabilitation des patients édentés, notamment grâce aux bridges implanto-portés de grande étendue. Ils représentent un concept thérapeutique établi, fondé sur la preuve, sur le nombre et validé par le recul depuis les publications suédoises des années 1980 [1-3].
Bien que ces dispositifs prothétiques représentent une solution efficace pour restaurer la fonction et l’esthétique dentaire, plusieurs facteurs de risque peuvent compromettre leur succès. Ces derniers demeurent importants et sont souvent mal évalués, entraînant des difficultés, des déceptions voire des échecs.
La phase chirurgicale de ces traitements ne nous semble pas en cause car ce domaine a fait l’objet de très nombreuses études de grande qualité depuis le début de l’implantologie moderne. Les protocoles récents incluant des approches comme la mise en charge immédiate, l’utilisation de techniques de régénération osseuse et l’utilisation des technologies numériques peuvent, sans difficulté majeure, faire l’objet d’essais contrôlés randomisés.
En matière de constructions prothétiques implanto-portées, le problème est tout autre. Les complications sont assez fréquentes et peuvent même, dans certains cas, avoir un retentissement sur l’ostéointégration des implants.
Ces complications reposent, selon nous, sur une évaluation incomplète et/ou confuse des risques prothétiques et ostéo-muqueux encourus [4] qui doivent impérativement être appréhendés au regard des spécificités individuelles de chaque patient.
Le mode de fabrication des prothèses, les composants prothétiques et les matériaux utilisés changent constamment. Toutes ces modifications sont désormais tellement diverses et fréquentes qu’aucune étude randomisée ne peut s’avérer cohérente, ni convaincante.
Même les règles établies par les auteurs anglo-saxons, qui consistent à se baser sur…