À propos d’un cas clinique
Le remplacement d’une dent antérieure absente (ou en devenir) représente un défi thérapeutique associant exigences esthétiques, préservation tissulaire et stabilité fonctionnelle à long terme. Si l’implant unitaire est aujourd’hui largement considéré comme une solution de référence [1-3], il ne constitue pas systématiquement le traitement de première intention. Les situations de croissance résiduelle, les volumes osseux insuffisants, les espaces mésio-distaux réduits, certaines contre-indications médicales, les contraintes économiques ou encore la volonté d’éviter une approche chirurgicale conduisent à envisager des alternatives thérapeutiques moins invasives.
Dans ce contexte, le bridge collé cantilever antérieur connaît un regain d’intérêt. Les progrès des matériaux céramiques, des protocoles adhésifs et des concepts de préparation ultra-conservatrice ont permis d’améliorer significativement les taux de survie de ces restaurations [4-6].
L’émergence du concept « no-prep » constitue une évolution récente et prometteuse de la dentisterie minimalement invasive, en repoussant encore les limites de la préservation tissulaire. Ce concept vise à s’affranchir de toute préparation coronaire des dents adjacentes afin de préserver intégralement les tissus dentaires lorsque les conditions cliniques le permettent. Cette approche permet d’obtenir des résultats esthétiques et fonctionnels satisfaisants, mais nécessite davantage de données scientifiques pour confirmer la pérennité des restaurations à long terme [7, 8].
Cas clinique
Contexte
Une patiente de 16 ans, en fin de traitement orthodontique, consulte afin d’envisager le remplacement de l’incisive latérale mandibulaire gauche (32) absente par agénésie. L’orthodontiste a veillé à préserver un espace prothétique suffisant en vue d’une future réhabilitation (fig. 1). La patiente présente une agénésie…