La zircone s’est imposée ces dernières années comme l’un des biomatériaux les plus utilisés en dentisterie restauratrice et prothétique. En France, le « RAC 0 » n’est pas étranger à l’explosion de son utilisation, bien que son succès soit mondial. Celui-ci s’explique essentiellement par deux facteurs : d’une part, sa grande diversité d’indications, permise par des déclinaisons qui ne cessent de s’étendre d’année en année, en la rendant notamment de plus en plus esthétique, et, d’autre part, son coût de mise en œuvre réduit dans les laboratoires de prothèse par rapport à ses alternatives comme le disilicate de lithium. Cette popularité est d’ailleurs parfaitement illustrée par ce numéro « spécial zircone », dont cet article se veut l’introduction à des formats beaucoup plus cliniques.
L’emploi du terme « la zircone » peut paraître trompeur et réducteur car il en existe en réalité plusieurs déclinaisons aux propriétés esthétiques et mécaniques très différentes, à tel point qu’il serait presque plus approprié de parler « des zircones ». Parfois, certaines notions fondamentales peuvent sembler ne pas avoir de grandes implications cliniques, mais dans le cadre de ce matériau, ces connaissances de base sont indispensables, notamment pour développer une bonne communication avec son prothésiste. Une erreur dans le choix du bon disque de zircone par le binôme prothésiste/praticien, ou un mauvais positionnement de la restauration dans celui-ci, peut faire passer d’un succès clinique au long cours à un échec thérapeutique précoce. La première partie de cet article sera donc dédiée à l’explication des propriétés des différentes zircones afin d’en tirer la synthèse minimale et nécessaire pour apprécier et comprendre les particularités de certaines propositions thérapeutiques de ce numéro, comme l’avènement des préparations périphériques verticales, les bridges…