L’édentement complet reste une infirmité répandue en France et dans le monde. Si une diminution de la prévalence a été observée avant 2000 [1-4], les données épidémiologiques récentes et les projections sur 2050 suggèrent une stabilisation, voire une augmentation de celle-ci [5, 6].
Entre 1990 et 2019, seuls les pays à faible revenu ont connu une légère diminution de la prévalence, tandis que les autres pays ont enregistré des augmentations [6].
Les études épidémiologiques indiquent que le nombre d’édentés complets s’accroît avec l’augmentation de la durée de vie [5, 7, 8]. Par ailleurs, les données épidémiologiques montrent de grandes disparités dans la prévalence de l’édentement complet entre les pays et en Europe [8-10]. Ces variations relèvent d’une origine multifactorielle, impliquant des déterminants environnementaux, culturels, économiques et sociologiques, ainsi que les politiques de santé publique, sans qu’il soit possible d’en quantifier précisément les contributions respectives. Le nombre moyen de dents perdues augmente avec l’âge [8, 9]. Les personnes âgées institutionnalisées présentent généralement une santé bucco-dentaire plus altérée, avec notamment un nombre de dents inférieur comparativement aux personnes du même âge vivant à domicile [8, 9, 11].
L’édentement complet affecte les fonctions masticatoires et phonétiques, et peut entraîner une altération de l’esthétique, ce qui, à son tour, impacte la qualité de vie [12]. Il concerne une population âgée et fragile. Il est associé à de multiples comorbidités systémiques incluant des pathologies cardiovasculaires, respiratoires et oncologiques. Il est également rattaché à des altérations nutritionnelles, un risque accru d’obésité et un déclin cognitif [12, 13], et constitue un facteur prédictif significatif de la mortalité toutes causes confondues chez l’adulte [14]. Le rôle des prothèses amovibles…