Pendant de nombreuses années, les vitrocéramiques ont occupé une place de référence dans les restaurations indirectes antérieures, en raison de leurs propriétés optiques, de leur capacité d’intégration esthétique et de la fiabilité de leur collage à l’émail. Le disilicate de lithium, en particulier, bénéficie aujourd’hui d’un recul clinique important, avec plus de deux décennies d’utilisation largement documentée dans ce domaine [2]. Lorsque l’indication est bien posée et que les protocoles adhésifs sont rigoureusement respectés, ce matériau permet d’obtenir des restaurations esthétiques, fiables et pérennes.
Cependant, l’évolution récente des zircones de haute translucidité a ouvert de nouvelles perspectives dans le domaine des restaurations antérieures ultrafines [3]. Grâce à l’amélioration de leurs propriétés optiques et mécaniques, mais aussi à une meilleure maîtrise des traitements de surface et des protocoles de collage, ces matériaux peuvent aujourd’hui être envisagés dans certaines situations cliniques spécifiques. L’ancienne dichotomie « zircone = absence d’adhésion » apparaît désormais dépassée, même si la zircone ne doit pas être abordée comme une vitrocéramique et nécessite des protocoles adhésifs spécifiques et rigoureux [4].
Le choix entre vitrocéramique et zircone ne peut donc pas être réduit à une opposition entre matériau traditionnel et matériau innovant. Il doit résulter d’une réflexion clinique globale, tenant compte à la fois des impératifs esthétiques, des conditions d’adhésion, de l’épaisseur disponible, du substrat dentaire et du contexte occlusal. Dans cette perspective, la zircone de haute translucidité ne remplace pas systématiquement les vitrocéramiques, mais peut représenter une alternative pertinente lorsque toutes les conditions cliniques, biologiques et techniques sont réunies.
Cet article présente un double rapport de cas…