Séance plénière
Conférencier : Philippe François
Un concept qui a mis du temps à s’imposer
« C’est une histoire qui a commencé bien avant que Jean-Pierre Attal, Gil Tirlet ou moi n’en parlions à tous. Il a fallu plusieurs années pour que Jean-Pierre Attal partage ses premiers car réalisés il y a plus de 10 ans. » La phrase lance la conférence et donne immédiatement le ton. Derrière l’humour assumé de Philippe François se cache une démarche scientifique prudente : celle d’une technique observée, testée, puis validée dans le temps avant toute diffusion.
Le bridge collé cantilever postérieur n’a jamais été présenté comme une alternative de première intention à l’implant. Les preuves scientifiques actuelles ne plaident d’ailleurs pas en sa faveur dans cette indication. En revanche, il trouve progressivement sa place comme solution de seconde intention, lorsque l’implant est contre-indiqué ou refusé par le patient.
Ce repositionnement change tout : il ne s’agit plus d’opposer deux thérapeutiques, mais d’intégrer le BCCP dans un arsenal raisonné de solutions prothétiques.
Une réussite conditionnée par un principe fondamental : préserver l’émail
Le cœur du concept repose sur une donnée simple mais essentielle : la qualité du support dentaire.
Pour Philippe François, la réussite du collage dépend directement de la quantité d’émail disponible.
L’explication est biomécanique. Sous les contraintes fonctionnelles, les déformations dentaires se transmettent différemment selon les tissus. La dentine se déforme, absorbant les contraintes au niveau du joint adhésif, ce qui favorise le décollement. L’émail, au contraire, assure une rigidité structurelle permettant une meilleure stabilité du collage.
D’où une règle clinique centrale : maximiser la conservation de l’émail et adopter des préparations ultraconservatrices, exclusivement amélaires lorsque cela est…