Séance DPC
Conférencière : Estelle SCHITTLY
À travers de nombreux cas cliniques, la conférencière a rappelé que le succès prothétique dépend moins du dessin du châssis que de la compréhension fine de la situation clinique et des contraintes biomécaniques associées. Elle a ainsi repris les grands axes qui dictent la conception d’une prothèse amovible pour en permettre une relecture. La réalisation d’une prothèse doit être pensée comme plusieurs étapes simplifiées qui s’articulent pour résoudre des situations complexes.
Avant la prothèse, comprendre le patient
« Ne commencez jamais par dessiner un châssis. » Dès les premières minutes, le cadre est posé. La prothèse amovible ne débute ni sur un modèle d’étude, ni sur un logiciel de conception, mais au fauteuil. À partir du cas d’une patiente présentant des édentements postérieurs évolutifs, la conférencière a souligné l’erreur consistant à vouloir répondre immédiatement par une solution prothétique. Avant toute conception, il convient d’analyser l’histoire dentaire, les échecs antérieurs, les facteurs parodontaux, mais aussi les attentes fonctionnelles et la capacité réelle du patient à assurer l’entretien.
Le diagnostic ne consiste pas à décrire une édentation, mais à hiérarchiser la valeur stratégique des dents restantes. Certaines unités, bien que fragiles, peuvent être conservées pour préserver l’os ou guider la future réhabilitation. D’autres, pourtant cliniquement acceptables, peuvent compromettre l’équilibre global. La prothèse devient ainsi la conséquence du diagnostic, jamais son point de départ (fig. 1 et tableau 1).
La classe de Kennedy : lecture biomécanique
La classification de Kennedy n’est pas un système descriptif, mais un outil de compréhension fonctionnelle (fig. 2). Dans une classe I mandibulaire, la différence de comportement entre appui dento-parodontal…

