Réhabilitation additive d’une usure dentaire généralisée par flux numérique Gestion conjointe du bruxisme et du reflux gastro-œsophagien – À propos d’un cas

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°26 - 8 juillet 2026 (page 22-29)
Information dentaire

Décision thérapeutique : Rubrique coordonnée par Aude Ménard et Adrien Lastrade

L’usure dentaire occupe une place de plus en plus visible dans nos consultations. Phénomène physiologique lié au vieillissement, elle devient pathologique lorsque sa vitesse de progression dépasse la capacité d’adaptation des tissus et compromet la fonction, l’esthétique ou la vitalité pulpaire. Sa nature est presque toujours multifactorielle : attrition liée aux contacts dento-dentaires et aux parafonctions, érosion d’origine chimique (intrinsèque ou extrinsèque) et abrasion mécanique se conjuguent à des degrés variables.

Dans un contexte d’usure dentaire, la difficulté première n’est pas restauratrice mais diagnostique. Restaurer une usure sans en avoir identifié et neutralisé l’étiologie expose à une récidive rapide, parfois aux dépens des restaurations elles-mêmes. L’érosion d’origine acide, en particulier lorsqu’elle relève d’un reflux gastro-œsophagien (RGO), justifie une collaboration médicale préalable, faute de quoi l’environnement chimique délétère persiste [1, 2].

Sur le plan thérapeutique, le paradigme additif s’est imposé : il s’agit de rendre du volume aux dents usées plutôt que de les mutiler davantage, en s’appuyant sur l’adhésion et en respectant le gradient thérapeutique, du moins invasif au plus invasif [3-6]. La réouverture de l’espace par augmentation contrôlée de la dimension verticale d’occlusion (DVO) crée le volume prothétique nécessaire sans préparation soustractive. Le flux numérique – projet esthétique 2D/3D, enregistrement cinématique mandibulaire, contrôle occlusal instrumenté – sécurise et reproduit chacune de ces étapes [7, 8].

Le cas présenté illustre cette démarche : du diagnostic étiologique partagé à la réhabilitation additive complète, conduite intégralement en numérique, avec un recul désormais supérieur à 4 ans.

Présentation du cas

Anamnèse et motif de consultation

Un patient d’une soixantaine d’années, en bon état général, consulte pour une plainte essentiellement fonctionnelle : une perte progressive d’efficacité masticatoire. La demande esthétique, présente, reste secondaire à ce vécu fonctionnel. L’interrogatoire et l’examen orientent d’emblée vers une usure ancienne et évolutive (fig. 1a, b).

Examen clinique

L’examen retrouve une usure généralisée des deux arcades (fig. 2a à e). Les faces occlusales présentent des lésions cupuliformes caractéristiques, avec exposition dentinaire…

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