Cancers ORL : informer le public, mieux former les chirurgiens‑dentistes

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Information dentaire

Depuis le 30 mars et jusqu’au 3 avril se déroule la 3e édition de la campagne nationale Rouge‑Gorge, consacrée à l’information et à la sensibilisation sur les cancers ORL, en particulier les cancers de la gorge. Les chirurgiens-dentistes sont encore insuffisamment formés et peu à l’aise face au diagnostic montre une enquête ReCOL.

Cette campagne, portée par plusieurs sociétés savantes et associations de patients, vise à alerter le grand public sur des pathologies encore largement méconnues alors qu’elles concernent environ 15 000 nouveaux cas par an en France.

Selon un sondage IFOP réalisé à cette occasion, ces cancers restent sous‑estimés, notamment chez les jeunes adultes, pourtant de plus en plus concernés. Moins de la moitié des 18‑24 ans déclarent « voir précisément de quoi il s’agit ». Les organisateurs rappellent que la guérison est possible dans 80 à 90 % des cas lorsqu’ils sont détectés précocement.

La campagne met l’accent sur les symptômes à ne pas négliger – maux de gorge persistants, enrouement, difficulté à avaler, tache dans la bouche, grosseur du cou – et rappelle un message simple : « 1 symptôme, 3 semaines, même avant 30 ans, je consulte à tous les coups ». L’objectif est de réduire les retards diagnostiques, encore fréquents : près de 70 % des cancers de la gorge sont diagnostiqués à un stade avancé.

Le risque lié au papillomavirus humain (HPV), responsable de 40 à 60 % des cancers de l’oropharynx, demeure également mal identifié : seuls 37 % des Français le citent comme facteur de risque. Plusieurs actions grand public sont prévues dont une journée de dépistage organisée avec l’Institut Gustave Roussy.

Les chirurgiens-dentistes insuffisamment formés
En 2022, une enquête menée par ReCOL (Réseau de Recherche Clinique en Odontologie Libérale) auprès de 226 chirurgiens-dentistes a mis en évidence une connaissance encore insuffisante des lésions orales à potentiel malin (LOPM) en pratique quotidienne.

Moins de la moitié des praticiens interrogés déclaraient avoir été formés à leur reconnaissance (42,5 %), une formation le plus souvent acquise en cursus initial plutôt qu’en formation continue.

Le manque d’aisance diagnostique constitue un frein majeur : 72,6 % des praticiens ne se sentent pas à l’aise pour identifier une LOPM, un taux qui reste encore de 59,1 % chez les praticiens ayant reçu une formation initiale.

Les difficultés les plus citées concernent l’insuffisance de connaissances (73,4 %) et le sentiment de ne pas être légitime à poser un diagnostic ou assurer le suivi (37,6 %). Ces freins persistent également chez les praticiens formés, preuve de la nécessité d’un enseignement structuré et régulièrement actualisé.

Dans ce contexte, ReCOL rappelle « la nécessité impérative d’apporter une formation complète et accessible, avec un contenu homogénéisé, nosologique et simple d’utilisation, à tous les praticiens en activité sur les LOPM ».

Dans l’enquête, la demande de montée en compétence est presque unanime : 87,1 % des répondants souhaitent une formation complémentaire, y compris parmi ceux déjà formés (83,1 %).

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