Il est des noms de la Parodontologie Mondiale dont on se souvient toujours.
Et Preston Dallas Miller Jr, qui vient de disparaître, en fera partie, à tout jamais.
Son nom restera associé à la première classification moderne des récessions gingivales (1985) incluant la propension à atteindre le recouvrement radiculaire complet, partiel ou pas. Au préalable, on parlait de récessions en I, en U, en V… Il aura fallu attendre la classification de Cairo (2011) pour voir des modifications s’installer.
Preston Miller, né en 1938, obtint son diplôme de l’Université Virginia Commonwealth en 1963 et sa spécialité en Parodontie à l’Université d’Alabama à Birmingham en 1969. Il servit dans l’Air Force de 1963 à 1965. À noter que de nombreux articles de parodontie, de très haut niveau, sortent régulièrement des différents départements dentaires des corps de l’armée américaine. Il aura aussi été Professeur Clinicien au Département de parodontie de l’Université de South Carolina.
En 1993, il reçut le titre de Master Clinician par l’Académie Américaine de Parodontologie (AAP) dont il assura aussi la présidence en 2006 et la Gold Medal en 2012, la plus haute distinction de l’AAP, en reconnaissance de son apport majeur à la parodontologie. Il fut aussi président de la Memphis Dental Society, la Tennessee Society of Periodontists et la Southern Academy of Periodontology.
Grâce à Preston Miller, la chirurgie muco-gingivale est devenue la « chirurgie plastique parodontale », concept dont il est le « père », bien avant l’école italienne qui apporta d’incontestables améliorations esthétiques.
En 2017, il reçut le Presidential Award de la Société Internationale de Chirurgie Plastique Parodontale qu’il avait participé à créer.
Il a publié 32 articles scientifiques, contribué à 4 ouvrages et donné des conférences à plus de 250 sociétés scientifiques, tant au niveau national qu’international.
On peut retrouver son héritage sur son site, pdmillerswebtextbook.com, une ressource éducative en ligne qu’il a créée et dont il faut espérer qu’elle lui survivra.
La Société Française de Parodontologie, qui a précédé la SFPIO, l’aura invité plusieurs fois, dont une journée entière mémorable qui fut marquée par une très forte affluence. Son charisme, son énergie, sa disponibilité, sa jovialité et la richesse de son iconographie furent grandement appréciés et les parodontistes français, présents à cette occasion, s’en souviennent encore.
Une anecdote personnelle : il y a quelques décennies, pour devenir membre de l’AAP, il fallait deux parrains, membre de plein droit. Lors d’un congrès à la Nouvelle Orléans, nous étions un groupe de parodontistes français. Grâce à notre confrère, Jean-Luc Sauvan, très proche de Preston Miller, ce dernier apposa sa signature sur ma demande pour devenir membre international.
Aujourd’hui, il faut juste payer sa cotisation !
Jean-Marc DERSOT
Ancien Président de la SFParo
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