Félix Plisson
Félix P(e)lisson voit le jour en 1727 à Poitiers, probablement paroisse Saint-Cybard comme ses sœurs, Marie-Anne, Thérèse et Marie-Renée, nées en 1726, 1728 et 1729. Leur père, Charles Pelisson, y est alors menuisier ; tant de son côté que de celui de leur mère, Radegonde Fontaine, originaire de la principauté de Liège, on ne relève aucun praticien.
Félix débute manifestement la pratique dentaire sans être diplômé et probablement en empirique itinérant. Ce pourrait être aussi le cas de celle qui est sans doute pour l’heure sa compagne et avec laquelle il convolera plus tard (fig. 1). Depuis au moins 1759, il exerce à Lyon, dans le quartier d’Ainay fréquenté par la bonne société ; en effet, l’acte du baptême de sa fille Louise, célébré le 2 juin 1759, paroisse Saint-Michel d’Ainay, lui donne la qualité de dentiste (fig. 2).
Aurait-il pratiqué un temps la barberie et le poil avant de se consacrer à l’art dentaire ? C’est bien possible : le parrain, Pierre Perot-Laporte, est maître perruquier. L’enfant est née hors mariage, mais non d’une aventure sans lendemain, car sa mère, Anne Cortis, fille de Noël Cortis et d’Anne Bertrand, mettra encore au monde un autre garçon, Charles, qui sera reconnu et dont il sera question plus loin. Cependant, par souci de respectabilité, il s’avère nécessaire de régulariser leur situation matrimoniale. Le mariage a lieu le 4 février 1781 à Lyon, sur la paroisse très bourgeoise de Saint-Nizier, ce qui a pour effet de légitimer les enfants, et le surlendemain sont célébrées au même endroit les noces de leur fille Louise avec Henry Dervieu, un négociant lyonnais (fig. 3).
En principe, depuis 1725, la communauté des chirurgiens de Lyon est censée appliquer les directives royales concernant les experts, mais beaucoup exercent sans avoir passé l’examen.
Titulaire de la maîtrise-ès-arts, Félix…


