Deux portraits d’experts lyonnais au crépuscule des Lumières : la fin de la douceur de vivre

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°30 - 9 septembre 2026 (page 62-66)
Information dentaire
Si les dentistes parisiens de la seconde moitié du XVIII

Félix Plisson

Félix P(e)lisson voit le jour en 1727 à Poitiers, probablement paroisse Saint-Cybard comme ses sœurs, Marie-Anne, Thérèse et Marie-Renée, nées en 1726, 1728 et 1729. Leur père, Charles Pelisson, y est alors menuisier ; tant de son côté que de celui de leur mère, Radegonde Fontaine, originaire de la principauté de Liège, on ne relève aucun praticien.

Félix débute manifestement la pratique dentaire sans être diplômé et proba­blement en empirique itinérant. Ce pourrait être aussi le cas de celle qui est sans doute pour l’heure sa compagne et avec laquelle il convolera plus tard (fig. 1). Depuis au moins 1759, il exerce à Lyon, dans le quartier d’Ainay fréquenté par la bonne société ; en effet, l’acte du baptême de sa fille Louise, célébré le 2 juin 1759, paroisse Saint-Michel d’Ainay, lui donne la qualité de dentiste (fig. 2).

Aurait-il pratiqué un temps la barberie et le poil avant de se consacrer à l’art dentaire ? C’est bien possible : le parrain, Pierre Perot-Laporte, est maître perruquier. L’enfant est née hors mariage, mais non d’une aventure sans lendemain, car sa mère, Anne Cortis, fille de Noël Cortis et d’Anne Bertrand, mettra encore au monde un autre garçon, Charles, qui sera reconnu et dont il sera question plus loin. Cependant, par souci de respectabilité, il s’avère nécessaire de régulariser leur situation matrimoniale. Le mariage a lieu le 4 février 1781 à Lyon, sur la paroisse très bourgeoise de Saint-Nizier, ce qui a pour effet de légitimer les enfants, et le surlendemain sont célébrées au même endroit les noces de leur fille Louise avec Henry Dervieu, un négociant lyonnais (fig. 3).

En principe, depuis 1725, la communauté des chirurgiens de Lyon est censée appliquer les directives royales concernant les experts, mais beaucoup exercent sans avoir passé l’examen.

Titulaire de la maîtrise-ès-arts, Félix…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

À découvrir

Article réservé à nos abonnés Visages de l’âge, figures du sage

Dans les yeux des aînés, sagesse ou détresse ? Le vieillard dit beau, noble, digne, émouvant, ou bien jeune, vert...
À découvrir

Des brosses à dents recyclées pour un « banc de l’amitié »

L’objectif est de réunir 4 000 brosses à dents qui seront recyclées pour créer ce banc public par l’entreprise de recyclage...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Apaisez votre salle d’attente, avec les tons de terre 

La couleur terre, c’est une cabane au-dessus des arbres, un abri tranquille, un refuge, un terrier chaud. Cette couleur exprime...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Points d’eau

Sommaire : Expressifs et sculpturaux, des lavabos et vasques en matériau de synthèse Le savoir-faire céramique révèle la beauté formelle,...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés 400 Ans de voyages entre art et science

Savant coup d’œil et beau coup de crayon dans le même bateau Pour fixer l’image d’une espèce rare ou inconnue il...
À découvrir

Article réservé à nos abonnés Collectionneur de marathons majeurs

Fixée sur un mur du bureau, la patère offre un tour du monde gratuit à quiconque rapproche ses yeux. Dubaï,...