GREUZE, lumières sur l’âge tendre

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°37 - 29 octobre 2025 (page 86-89)
Information dentaire

Visages d’anges aux regards émouvants, aux moues attendrissantes : nul mieux que Jean-Baptiste Greuze n’a su peindre la palette expressive des enfants dans toute sa variété. Rêveur ou boudeur, sérieux ou facétieux, effrayé ou déterminé, un «petit Greuze» fait partout recette sans se forcer à faire risette. C’est que le peintre prend l’enfance en considération plus qu’en modèle. Si le siècle la met en lumière avec Rousseau, Diderot ou Condorcet, cette attention reste nouvelle et la peinture ne s’en est pas encore emparée. Greuze est le premier à représenter la place que tend à prendre au sein de la famille un enfant auquel on va peu à peu reconnaître le droit de développer une identité personnelle sinon une existence autonome. Classiquement, lorsque naît une nouvelle bouche à nourrir on l’expédie en nourrice, souvent loin et pour longtemps. Le retour au bercail s’en trouve douloureux pour un bambin qui ne connaît ni père ni mère et qu’on doit arracher aux jupes de sa nounou. Personne avant Greuze ne se soucie de voir dans ce mini drame domestique un traumatisme aux conséquences très simplement évitables par l’allaitement maternel et le maintien au foyer. Dans le même but, il peint les plaisirs de la vie familiale, les rituels qui assurent sa cohésion, l’importance éducative de son cadre structurant. Prenant à témoin sa propre maisonnée, il montre la complicité des rapports filiaux saisis dans leur intimité la plus naturelle : chacun y tient le rang de son âge, selon les moyens qu’il offre aux uns et aux unes d’être déjà une personne raisonnable et protectrice ou encore un enfant un peu jaloux des faveurs – et très tenté par exemple de jouer de la flûte quand sa mère l’invite à ne pas troubler le sommeil du bébé repu. Dans un coin, des animaux familiers redoublent parfois le message, telle cette chatte signifiant hautement à son chaton que le temps du sevrage approche, écho à ce qu’en…

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