Médicaments non utilisés : 517 millions d’euros de gaspillage annuel

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

Le non‑usage des médicaments représente « un coût annuel significatif […] pour la collectivité », avec un montant estimé à 517 millions d’euros pris en charge chaque année par l’assurance maladie obligatoire, dont 278 millions pour des médicaments encore non périmés, selon l’étude PERIMED présentée par l’ANSM et l’Assurance maladie, le 24 juin.

Cette analyse, fondée sur 32 840 unités collectées entre avril et juillet 2025, constitue la première cartographie détaillée des médicaments non utilisés (MNU) en France.

Chaque année, 7 675 tonnes sont rapportées en pharmacie pour incinération, un volume « qui demeure élevé » malgré une baisse de près de 30 % entre 2022 et 2024.

L’étude montre que quatre classes thérapeutiques concentrent l’essentiel des retours : médicaments du système respiratoire (25 %), digestif et métabolique (21 %), nerveux (21 %) et cardiovasculaire (13 %).

Les médicaments les plus fréquemment retrouvés sont les antalgiques (paracétamol, tramadol), les laxatifs (macrogol, lactulose) et les antibiotiques (amoxicilline, amoxicilline/acide clavulanique).

Seuls 60 % des médicaments collectés sont périmés révélant,  « une marge de progression » sur l’adaptation des conditionnements et des durées de conservation.

Prescrire au plus juste

Autre enseignement : les médicaments à prescription obligatoire représentent près de 70 % des unités collectées.

« Ces retours semblent résulter de plusieurs facteurs pouvant se cumuler : taille des conditionnements inadaptée, inadéquation de certaines prescriptions, inefficacité ou intolérance des traitements, mais également difficultés d’observance », liste l’étude.

L’ANSM et l’Assurance maladie proposent plusieurs pistes d’amélioration : adaptation des conditionnements, allongement des durées de conservation, développement de l’écoconception ou réflexion sur la délivrance à l’unité pour certains produits.

Les deux institutions insistent également sur le rôle « central » des professionnels de santé qui devraient « prescrire au plus juste en valorisant les alternatives non médicamenteuses quand elles existent, s’assurer avant tout renouvellement que les patients n’ont pas encore chez eux les mêmes médicaments, réévaluer fréquemment la pertinence des traitements et déprescrire pour limiter le risque iatrogénique, avec un suivi attentif des patients concernés ou encore, accompagner les patients sur le respect du bon usage et le stockage de leurs traitements ».

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