Prise en charge parodontale des patients atteints d’une affection longue durée

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  • Publié le . Paru dans Parodontologie Implantologie Orale, un nouveau regard n°1 - 15 mars 2026 (page 46-52)
Information dentaire
Les parodontites sont associées à de nombreuses maladies systémiques chroniques à composante inflammatoire, notamment le diabète, les maladies cardiovasculaires, certaines affections auto-immunes et les rhumatismes inflammatoires chroniques. Ces associations reposent sur des mécanismes biologiques communs impliquant une inflammation systémique chronique de bas grade et la dissémination d’agents pathogènes parodontaux. En France, plusieurs de ces pathologies relèvent du dispositif des affections de longue durée (ALD), destiné à la prise en charge de maladies chroniques nécessitant un suivi prolongé. Depuis février 2024, six ALD – le diabète de type 1 et 2, la maladie coronarienne, certaines cardiopathies graves, les déficits immunitaires primitifs ou l’infection par le VIH, la polyarthrite rhumatoïde et la spondylarthrite grave – bénéficient d’un dispositif conventionnel de remboursement des soins parodontaux. Celui-ci permet, tous les trois ans, la prise en charge d’un bilan parodontal, d’un traitement parodontal initial non chirurgical et, si nécessaire, d’un traitement complémentaire, tandis que les phases chirurgicales, le traitement implantaire et prothétique ainsi que les soins parodontaux de soutien restent non remboursés. La relation entre parodontite et maladies systémiques contribue à l’aggravation réciproque des pathologies concernées. À l’inverse, un traitement parodontal efficace permet de réduire les marqueurs inflammatoires systémiques et d’améliorer le contrôle de la maladie systémique. Le chirurgien-dentiste occupe ainsi une place centrale dans la prise en charge pluridisciplinaire des patients en ALD, par le dépistage systématique, l’éducation thérapeutique, la coordination avec les médecins et l’adaptation des soins aux risques infectieux et hémorragiques.

Les formes sévères de parodontite touchent près de 10 % de la population adulte avec une prévalence croissante avec l’âge et les conséquences fonctionnelles, esthétiques et sur la qualité de vie des patients sont indéniables [1]. Mais si la parodontite est aujourd’hui reconnue comme un enjeu majeur de santé publique, c’est aussi parce qu’au-delà de ses manifestations locales, elle est associée à de nombreuses atteintes et maladies systémiques à composante inflammatoire, notamment le diabète, les maladies cardiovasculaires, les rhumatismes articulaires chroniques et plusieurs maladies auto-immunes [2].

En France, de nombreuses maladies systémiques entrent dans le dispositif dit de l’affection de longue durée (ALD) qui concerne une maladie dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessite un traitement prolongé (Ameli.fr). Il existe deux types d’ALD : l’ALD exonérante et l’ALD non exonérante. Si la maladie évolue pendant plus de 6 mois et nécessite un traitement coûteux, les frais de santé liés à la maladie sont pris en charge au maximum remboursable par la Sécurité sociale (base de remboursement de la Sécurité sociale), mais certains frais restent à la charge du patient (soins dentaires par exemple). C’est l’ALD exonérante. Dans le cas où il n’y a pas de traitement coûteux, l’ALD non exonérante est possible, cela signifie que l’Assurance Maladie rembourse aux taux habituels les soins en lien avec la maladie (comme pour les autres assurés sociaux). Cependant, cela permet au patient de bénéficier d’un arrêt maladie de plus de 6 mois et de la prise en charge des transports sous certaines conditions. Les pathologies concernées par le dispositif d’ALD exonérante sont listées dans l’encadré en page 49.

Depuis février 2024, six ALD (voir encadré ci-dessous) ont été intégrées au dispositif conventionnel de remboursement des soins parodontaux par l’Assurance Maladie [3]. Elles correspondent…

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