Olivier ETIENNEMCU-PH temps partielPratique libérale, StrasbourgVincent HAMPÉ-KAUTZAncien CCU-AHPratique libérale, Strasbourg
L’intégration esthétique d’une restauration dépend en grande partie de la qualité du relevé de couleur. L’insatisfaction des patients vis-à-vis du résultat esthétique prothétique reste élevée et les discordances de teinte des restaurations céramiques demeurent fréquentes [1, 2]. Bien avant l’essor de l’IA, les difficultés liées au relevé colorimétrique avaient déjà été largement documentées, tant pour la méthode visuelle que pour les dispositifs instrumentaux [3-11].
En pratique, la méthode visuelle à l’aide d’un teintier reste séduisante par sa simplicité et son faible coût. Cependant, elle est affectée par la variabilité de l’observateur, comme par l’âge, l’entraînement, la fatigue visuelle, le contexte lumineux ou encore les phénomènes de métamérisme [4, 8, 12]. Le nombre limité d’échantillons constitue aussi une limite à la représentativité des couleurs de dents rencontrées dans la nature [13]. Cette subjectivité se répercute directement sur la communication des informations entre le cabinet et le laboratoire. Faute de référentiel objectif et fiable, le praticien devrait systématiquement recourir à des photographies et y associer ses commentaires cliniques, même si ces éléments restent eux aussi soumis à une interprétation variable.
Au-delà de la variabilité inter-opérateurs, les travaux sur la différence de couleur perceptible et tolérable par le praticien montrent que la perception humaine ne se résume pas à une réponse binaire correcte ou incorrecte. Elle s’inscrit dans une zone graduelle, ce qui rend l’exercice particulièrement délicat lorsque plusieurs opérateurs sont impliqués [14, 15].
Pour pallier les limites de l’œil humain, différents outils ont été proposés : spectrophotomètres, colorimètres, appareils photographiques numériques et…