En quelques années, la place de la caméra intra-orale (CIO) dans la pratique clinique et dans la prise en charge du patient a considérablement évolué. Initialement pensée comme un outil de numérisation destiné à remplacer ou à compléter l’empreinte conventionnelle, elle s’est progressivement imposée comme un maillon essentiel du flux numérique en odontologie [1 2]. D’abord centrée sur l’acquisition exacte des surfaces dentaires et gingivales, elle est devenue une véritable source de très nombreuses données cliniques.
Cette transformation ne relève pas seulement d’un progrès technique dans la qualité de l’acquisition, elle traduit aussi un changement de statut de l’appareil. La caméra n’est plus un simple capteur servant à produire un modèle numérique, elle devient un outil de documentation, de communication et d’analyse clinique. Les images et modèles acquis peuvent être stockés, comparés dans le temps, partagés avec le patient ou transmis à d’autres intervenants, renforçant à la fois la traçabilité, la compréhension clinique et la fluidité des échanges au sein du parcours de soins [3].
Aujourd’hui, une nouvelle étape vient d’être franchie avec l’intégration croissante de logiciels reposant sur l’intelligence artificielle (IA) dans la caméra. En s’appuyant sur des approches decomputer vision et sur des algorithmes capables d’exploiter tout ou partie des données issues de la caméra, ces solutions ne visent plus uniquement à enregistrer une situation clinique, mais aussi à en extraire une information utile et exploitable pour la prise en charge du patient. L’intégration progressive de ces briques d’intelligence artificielle ouvre la voie à des usages élargis, allant de l’optimisation de l’acquisition ou de la communication, à l’aide au diagnostic, au suivi (monitoring) clinique du patient, à l’automatisation de certaines étapes du traitement des données et, demain peut-être…