Le parodonte est-il genré ?

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°23 - 17 juin 2026 (page 22-29)
Information dentaire
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le genre désigne les rôles, comportements et normes socialement construits associés au fait d’être un homme, une femme ou une personne non binaire. Ces déterminants sociaux influencent l’exposition aux facteurs de risque, l’accès aux soins ainsi que les comportements de santé, y compris en santé parodontale. Bien que distinct du sexe biologique, le genre constitue un déterminant majeur des inégalités en santé, en modulant les comportements de prévention, le recours aux soins et la vulnérabilité aux maladies. Si le sexe biologique influence la réponse immunitaire et hormonale, le genre – entendu comme construction sociale – agit quant à lui sur les habitudes de vie, l’exposition aux facteurs de risque et l’accès au système de soins. Dans cette perspective, le parodonte peut-il être considéré comme « genré » ?

Ce qu’en dit la littérature scientifique

Influence du sexe biologique sur le parodonte

Sur le plan anatomique, le parodonte ne présente pas de dimorphisme sexuel notable. La gencive, le ligament alvéolo-dentaire, le cément et l’os alvéolaire ont une organisation histologique comparable chez l’homme et chez la femme, sans différence structurelle majeure décrite.

En revanche, les données épidémiologiques suggèrent une disparité selon le sexe. Les grandes études populationnelles, notamment celles issues de NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey), montrent une prévalence plus élevée de la parodontite chez les hommes. Aux États-Unis, la prévalence globale de la parodontite chez l’adulte est estimée à environ 45 %, avec une atteinte plus fréquente et plus sévère chez les hommes (environ 50-57 %) comparativement aux femmes (environ 38-45 %), selon les tranches d’âge et les critères diagnostiques utilisés [1, 2].

Toutefois, ces différences doivent être interprétées avec prudence. Certaines études transversales, en particulier celles reposant sur des données déclaratives ou sur des critères diagnostiques hétérogènes, rapportent des résultats plus nuancés, voire des prévalences comparables entre les sexes.

Ainsi, si l’épidémiologie met en évidence une différence liée au sexe, celle-ci s’inscrit dans un modèle multifactoriel. Les facteurs comportementaux (notamment le tabagisme et l’hygiène bucco-dentaire), ainsi que les déterminants socio-économiques et l’accès aux soins, jouent un rôle déterminant dans l’expression et la progression de la maladie parodontale [3].

Inflammation versus destruction : des profils cliniques distincts

Au-delà des différences de prévalence, certaines données suggèrent l’existence de profils cliniques distincts selon le sexe. Plusieurs études de cohortes, notamment issues de NHANES et de travaux épidémiologiques complémentaires…

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