Chirurgie plastique parodontale : une solution pour lutter contre l’hypersensibilité dentinaire ?

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°2 - 15 juin 2026 (page 56-67)
Information dentaire
La chirurgie plastique parodontale est-elle un atout dans le traitement des récessions gingivales et de l’hypersensibilité dentinaire ? Le recouvrement radiculaire répond non seulement à un objectif esthétique, mais aussi fonctionnel. Les techniques comme les lambeaux déplacés associés ou non à un greffon conjonctif et les approches tunnelisées offrent des résultats prédictibles, notamment en présence d’un phénotype gingival favorable. L’augmentation de l’épaisseur tissulaire apparaît comme un facteur clé de stabilité et de réduction de la sensibilité. Enfin, une approche combinée avec la dentisterie restauratrice est parfois nécessaire, tandis que la stabilité à long terme dépend de la modification durable du phénotype gingival. Depuis le World Workshop de 2017, les récessions gingivales sont intégrées dans les « conditions muco-gingivales autour des dents » [1]. Cette évolution conceptuelle marque un changement important : la récession n’est plus uniquement considérée comme la conséquence d’une maladie parodontale active, mais comme une affection pouvant être observée chez des patients en santé parodontale, présentant une gingivite ou un parodonte réduit stabilisé [2, 3]. Cliniquement, la récession gingivale correspond au déplacement apical de la marge gingivale par rapport à la jonction amélo-cémentaire, entraînant l’exposition de la surface radiculaire. Elle peut être isolée ou multiple, localisée ou généralisée, et s’associe fréquemment à une hypersensibilité dentinaire ou à une demande esthétique. Cette revue narrative s’applique à comprendre l’approche possible chirurgicale après la phase non chirurgicale et de prévention.

Techniques de chirurgie plastique parodontale et recouvrement radiculaire

Principes biologiques du recouvrement radiculaire

Les récessions gingivales peuvent être associées à des manifestations cliniques telles que l’hypersensibilité dentinaire, la susceptibilité accrue aux lésions cervicales non carieuses et des modifications de l’écologie bactérienne au niveau cervical. Dans ce contexte, les procédures de recouvrement radiculaire visent non seulement à restaurer l’harmonie esthétique du sourire mais également à recréer un environnement tissulaire stable autour des dents [2-5].

La compréhension moderne des récessions gingivales repose largement sur la classification proposée lors du World Workshop de 2017 organisé conjointement par l’European Federation of Periodontology et l’American Academy of Periodontology. Cette classification distingue les récessions de type RT1, RT2 et RT3 selon la relation entre la perte d’attache interproximale et la profondeur de la récession vestibulaire. L’intégrité des tissus interproximaux apparaît ainsi comme un déterminant majeur de la capacité biologique de recouvrement radiculaire et du pronostic de recouvrement complet [2-5, 6]. Cette approche diagnostique et thérapeutique est également reprise dans les recommandations cliniques conjointes de l’European Federation of Periodontology (EFP) et de l’American Academy of Periodontology (AAP), qui soulignent le rôle du phénotype gingival et de l’attache interproximale dans la prédictibilité des procédures de recouvrement radiculaire [7, 8]. C’est pourquoi, sauf à avoir besoin de créer complètement un bandeau de tissu kératinisé, la greffe gingivale libre de substitution n’est pas la technique de choix. Sa variabilité en termes de recouvrement ne la retient pas ou bien, la plupart du temps, avec une deuxième intervention pour ensuite déplacer le tissu créé.

La stabilisation du caillot sanguin constitue l’un des mécanismes…

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