Fondements biologiques
La pulpe dentaire est un tissu conjonctif spécialisé occupant l’espace endodontique, caractérisé par une organisation complexe associant cellules, matrice extra-cellulaire, vascularisation et innervation. Loin d’être un simple tissu de remplissage, elle joue un rôle clé dans la physiologie dentaire, non seulement par la formation de dentine lors de l’édification radiculaire, mais également par sa participation active aux mécanismes de défense et de réparation face aux agressions carieuses, traumatiques ou iatrogènes.
Au sein de ce tissu, les cellules souches mésenchymateuses pulpaires (DPSC) constituent un élément clé du potentiel régénératif. Elles présentent des capacités de prolifération, d’auto-renouvellement et de différenciation en cellules odontoblastiques-like, fibroblastiques ou endothéliales. Leur activité ne se limite pas à la différenciation cellulaire : par leur sécrétion de facteurs paracrines, elles participent à l’angiogenèse, à la neurogenèse et à la modulation de la réponse inflammatoire.
D’autres populations de cellules souches, non pulpaires, sont également présentes au niveau des dents permanentes et pourraient être mobilisées dans des stratégies régénératives. Il s’agit notamment des cellules souches du ligament parodontal (PDLSC), des cellules souches de la papille apicale (SCAP), particulièrement impliquées dans les dents permanentes immatures, ou encore des précurseurs cellulaires issus des follicules dentaires (DFPC) [1] (fig. 1).
En biologie, il est fondamental de distinguer réparation et régénération tissulaire, deux notions fréquemment confondues en pratique clinique. La réparation correspond à une réponse adaptative aboutissant à la formation d’un tissu cicatriciel, souvent désorganisé et pauvrement vascularisé. À l’inverse, la régénération vise à restaurer un tissu structurellement et fonctionnellement…
