La fracture instrumentale est l’une des complications du traitement endodontique engendrant le plus de stress pour les praticiens et les patients [1]. Elle pose un problème dans la désinfection chimio-mécanique et l’obturation du système canalaire, en bloquant l’accès à la partie située plus apicalement au fragment. Elle est cependant rare, avec une prévalence qui varie selon les études entre 0,25 et 6 % [2-4].
Bien que les avancées technologiques, telles que l’alliage NiTi et son traitement thermique, aient amélioré les performances mécaniques des instruments, elles n’ont pas significativement réduit le taux de fractures instrumentales [1, 2, 5]. Ainsi, cette complication reste un phénomène inévitable dans notre domaine, nécessitant une réflexion approfondie et une gestion adaptée.
Causes et conséquences des factures instrumentales
La fracture instrumentale peut être de deux natures différentes : de torsion ou de fatigue. La fracture de torsion survient quand la lime est engagée dans le canal mais ne parvient pas à couper la dentine, tandis que le contre-angle continue de faire tourner la lime. Cette dernière casse alors au-dessus de la portion engagée. Ce blocage peut être causé par une usure de la lime (qui présentera des lames émoussées et moins efficaces pour couper la dentine), un manque de lubrification par les solutions d’irrigations, ou encore par une pression appliquée sur la lime trop importante qui va la bloquer dans le canal [6-9].
La fracture de fatigue se produit lorsqu’une lime est en rotation dans un canal courbe. À l’endroit où la courbure est la plus prononcée, une petite zone de contrainte travaille alors en flexion-extension : en flexion sur la partie interne de la courbure, et extension sur la partie externe de la courbure, alternativement à chaque rotation de la lime. Une lime tournant à 600 tours/min fera subir à cette zone de contrainte dix flexions et dix extensions par seconde.