1er cycle en odontologie : pas de différence majeure entre la Roumanie et la France, tranche le juge

  • Publié le .
Information dentaire

Le juge des référés du tribunal administratif de Besançon a rappelé à deux reprises, en juillet puis en août 2025, qu’il n’existait pas de « différence substantielle » entre les compétences et les connaissances acquises par les étudiants en odontologie lors du premier cycle à l’université de Cluj-Napoca (Roumanie) et celles validées à l’université Marie et Louis Pasteur de Besançon.

Par deux fois en effet, deux étudiantes en odontologie qui avait validé leur 1er cycle en Roumanie et souhaitaient poursuivre leur cursus en France se sont vues refuser, l’accès à la première année du deuxième cycle en France. Les deux étudiantes ont obtenu du juge la suspension des décisions de l’université.

Dans ses refus, l’université avançait que la formation roumaine présenterait des insuffisances notables. Mais les juges ont relevé qu’aucun élément tangible ne venait étayer cette affirmation.

Les différences de notation ne prouvaient pas une moindre exigence académique ; les disciplines essentielles de la pratique dentaire, comme la prothèse adjointe partielle ou totale, figuraient bien au programme de Cluj, avec des examens pratiques pluriannuels et des évaluations substantielles.

Quant aux stages cliniques, que l’université française jugeait « vagues et incohérents », ils étaient encadrés par des objectifs précis figurant dans le guide de formation et évalués de manière formalisée. L’analyse comparée des unités d’enseignement (endodontie, prothèse fixée, hygiène, stages) n’a pas davantage permis d’établir une différence significative.

Pour le juge, ces éléments faisaient naître « un doute sérieux » sur la légalité du motif invoqué par l’université française dans ses refus.

Mais à la fin de l’été, l’université a modifié sa stratégie. Le 29 août, dans un troisième refus notifié aux étudiantes, elle a maintenu son argumentation initiale tout en ajoutant un second motif : l’absence de places disponibles.

Elle a indiqué que les 34 places ouvertes pour la première année du deuxième cycle d’odontologie étaient toutes pourvues à la date de la décision. Surtout, elle a précisé que ce plafond ne pouvait être dépassé, y compris dans le cadre des 5 % de places réservées aux étudiants en provenance d’autres États membres de l’Union européenne, cette proportion ayant elle aussi été atteinte.

Saisie une troisième fois, la même juridiction a cette fois donné raison à l’université. Dans son ordonnance du 11 septembre, le juge des référés a considéré que l’argument lié à la saturation des capacités d’accueil ne pouvait être « sérieusement contesté ». Cette fois la décision de refus de l’université n’a donc pas été suspendue.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Vie de la profession

Le Pr Vianney Descroix réélu Doyen de l’UFR d’Odontologie de Paris Cité

Le conseil de gestion de l’UFR d’odontologie de l’Université Paris Cité, a reconduit le 20 octobre, le Pr Vianney Descroix à la...
Vie de la profession

Vers un Code des professions libérales ?

L’Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui regroupe 71 organisations de libéraux (dont Les CDF, l’UD et le SFCD) propose...
Vie de la profession

Odontologie : l’objectif de formation relevé à 8 625 étudiants sur cinq ans

L’augmentation des capacités de formation en odontologie va se poursuivre. Un arrêté publié au Journal officiel du 20 octobre fixe...
Vie de la profession

DPC : recrudescence des démarchages frauduleux visant les professionnels de santé

Selon l’ANDPC, les fraudeurs se présentent fréquemment comme des représentants de l’agence, de la HAS, d’un ordre professionnel ou d’une...
Vie de la profession

Affichage, devis, traçabilité des prothèses : la DGCCRF épingle 39 % des praticiens contrôlés

Affichage des honoraires, remise des devis normalisés, règles applicables au dispositif « 100 % Santé » ou origine des prothèses...
Vie de la profession

Article réservé à nos abonnés Perception de la formation continue en France par les étudiants en 6e année d’odontologie

CONTEXTE En France, la formation initiale en odontologie s’étend sur six années et associe enseignements théoriques, travaux pratiques et activité...