Les étudiants demandaient depuis de longs mois la réforme du dispositif PASS-LAS le jugeant notamment « ultra-stressant, illisible et désorganisé ». La Cour des comptes l’avait également étrillé dans un rapport cinglant l’estimant « complexe et mal conçu »
Le décret publié le 24 octobre prévoit que la première année de cette nouvelle licence soit organisée autour de trois blocs d’enseignement totalisant 60 crédits ECTS : un bloc « santé » de 24 à 30 ECTS « correspondant à des disciplines relevant de la santé », un bloc « disciplinaire » de 24 à 30 ECTS adossé à une licence d’une autre discipline dont la liste sera fixée par arrêté et un bloc « transversal » de 6 à 12 ECTS destiné à développer des compétences telles que « l’aptitude à l’analyse, à la synthèse, à l’expression écrite et orale », ainsi qu’au « repérage et à l’exploitation des ressources documentaires, la connaissance des métiers de la santé ainsi que des compétences psychosociales, linguistiques et numérique ».
Les universités proposant un accès aux études de santé devront être dotées d’une unité de formation en médecine, pharmacie, odontologie ou maïeutique, ou avoir conclu une convention avec un établissement (CHU,…) qui en dispose.
Le décret précise que l’inscription en première année s’effectuera via Parcoursup et ne sera possible qu’une seule fois, sauf dérogation « en cas de renoncement à une première inscription ou de circonstances exceptionnelles ayant affecté la scolarité de l’étudiant au cours de l’année ».
Les étudiants n’ayant pas validé leur première année pourraient redoubler une seule fois, à condition d’avoir validé un nombre minimal de crédits ECTS des trois blocs qui sera fixé par voie réglementaire
Une admission fondée sur les résultats académiques
L’accès aux formations de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique (à la deuxième année) sera conditionné à la validation d’au moins 60 crédits ECTS au terme de la première année. L’admission reposera également sur un « rang de classement ».
Ce classement sera établi en deux étapes. Les étudiants seront d’abord classés au sein de leur parcours en fonction de l’ensemble des notes obtenues dans les trois blocs d’enseignement. Un second classement sera ensuite réalisé au sein de chaque tranche de niveau à partir des seules notes obtenues dans le bloc santé.
Le décret confirme également la possibilité d’accéder aux formations de santé par plusieurs voies complémentaires. Outre la licence portail santé, des passerelles sont maintenues pour les titulaires de certains diplômes ou grades universitaires. Une voie spécifique est également créée pour les étudiants ayant suivi une formation dans un autre État membre de l’Union européenne ou assimilé.
Pour les candidats déjà diplômés de l’enseignement supérieur ou titulaires d’un titre permettant l’exercice d’une profession de santé, l’accès direct en deuxième ou troisième année demeurera possible. Le texte prévoit toutefois qu’une candidature ne pourra être déposée que dans une seule université et pour une seule formation.
Les doyens demandent un report de la réforme
La publication du décret n’a toutefois pas levé les inquiétudes des facultés de santé. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 23 octobre, les présidents des conférences des doyens de médecine, pharmacie, odontologie et maïeutique demandent le report de l’entrée en vigueur de cette nouvelle réforme.
Selon eux, le calendrier laisse trop peu de temps aux universités pour mettre en place la nouvelle licence. Ils estiment que sa mise en œuvre suppose une réorganisation profonde des formations, incluant la définition des nouvelles maquettes pédagogiques, la répartition des étudiants entre les différentes mentions de licence, l’organisation des enseignements et des évaluations, ainsi que l’adaptation des systèmes d’information et de Parcoursup.
« Pourquoi septembre 2027 ? Quelle urgence pédagogique, sanitaire ou universitaire justifie cette date ? Aucune », écrivent-ils. Les doyens considèrent qu’un report d’un an permettrait de sécuriser le déploiement de la réforme sans remettre en cause ses objectifs.
Ils soulignent également les difficultés particulières auxquelles pourraient être confrontés les sites universitaires territoriaux et délocalisés, certains risquant, selon eux, de ne pouvoir proposer qu’un enseignement largement à distance faute de moyens humains suffisants.
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