Témoignage d’une pédodontiste très connectée, le Dr Jona Andersen

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Information dentaire
Le Dr Jona Andersen, danoise, est installée à Paris depuis vingt ans. Pédodontiste, le Dr Andersen soigne les bébés, les enfants, les adolescents et les jeunes handicapés. Son intérêt pour le numérique date du début de son installation et comprend aussi bien les outils professionnels que la communication en ligne. Elle nous parle des multiples apports du numérique dans sa pratique quotidienne.

Vous êtes passionnée de digital, tant pour les outils métiers que pour la communication. Quelle est l’origine de cet intérêt ?

J’ai pris le chemin du numérique très tôt. Alors que je faisais encore mes études dentaires au Danemark, je suis venue à Paris dans un programme Erasmus d’échange inter-universitaire. Lors du congrès de l’ADF, j’ai fait la connaissance d’un pionnier du numérique en logiciel dentaire, le Dr Michel Ohana. C’était en 1995. La profession dentaire était encore au « tout papier » en France. Or, chez le Dr Ohana, l’agenda, le dossier patient et la facturation étaient électroniques. Ces outils amélioraient significativement l’organisation de son cabinet, et j’ai été immédiatement convaincue. Le Dr Ohana s’est d’ailleurs par la suite consacré au développement d’une société qui lui permettait de créer ces outils pour la profession. J’ai repris un petit cabinet en 2000, lors de ma première installation. Il fonctionnait au papier, et j’y ai introduit le premier logiciel dentaire conçu par Visiodent, cette même société.

Au quotidien, dans votre cabinet, à quels outils numériques faites-vous appel ?

Notre cabinet est doté de deux logiciels dentaires principaux, Orthalis et Kitview ,ainsi que de Dentalis.

Orthalis intègre toutes les différents applications d’un logiciel dentaire :

  • une fiche de synthèse avec tous les patients prévus dans la journée, le dossier de chacun, avec sa fiche d’identité et sa photo, le praticien référent, l’historique des rendez-vous, les commentaires cliniques, l’historique des soins ;
  • l’agenda ;
  • les courriers, les ordonnances, les emails, les sms, les fiches de laboratoire ;
  • les factures, les feuilles de soins, et le mode de règlement ;
  • les ententes directes et les ententes financières ;
  • une messagerie interne.

Le logiciel Kitview comprend le diagnostic, les certificats médicaux, les radios, les photos, le courrier patient, le questionnaire de consentement éclairé. Ce logiciel est relié à un portail patients pour communiquer des documents sécurisés.

Dentalis concerne la saisie des actes effectués et les devis.

J’ai ouvert un nouveau cabinet depuis peu ; toutes les différentes spécialités dentaires pour les enfants y sont présentes. Dans cet espace, l’orthodontiste utilise la radiographie en 3D.

Comment utilisez-vous Internet pour communiquer avec les familles des patients ?

Nous avons ouvert notre premier site internet, alors que c’était encore très rare pour les cabinets dentaires d’en avoir un, et nous allons bientôt lancer la troisième version de ce site. Pourquoi ? Parce que les sites vieillissent. Par ailleurs, pour qu’un chirurgien-dentiste maîtrise sa communication, il doit bénéficier d’un site régulièrement mis à jour et soigner son référencement. Tapez sur Google le nom d’un chirurgien-dentiste et, bien souvent, ce qui apparaît en premier, ce n’est pas son site, mais les nombreux sites-annuaires. J’ai donc cherché à comprendre comment fonctionne le référencement des sites, le « Search Engine Optimisation » ou SEO. Nous préparons tout le référencement avant d’ouvrir le nouveau site.

Lorsque le cabinet d’un praticien est bien référencé grâce à son site web, cela apporte un deuxième avantage. Les familles peuvent nous trouver directement. Le praticien est alors moins dépendant de ses correspondants – les pédiatres, les médecins généralistes, les dentistes.

En revanche, ce n’est pas toujours facile de créer un site performant, tout en naviguant parmi les contraintes imposées à la profession. La communication des professionnels de santé est très encadrée.

Quel regard portez-vous sur la présence sur les réseaux sociaux des chirurgiens-dentistes en France ?

Les sites web ne suffisent plus. Le chirurgien-dentiste doit désormais se présenter sur les réseaux sociaux. Nous avons créé une page sur Facebook et Twitter, une autre sur LinkedIn, et depuis quelques mois, nous sommes présents sur Instagram. Instagram est intéressant, car le monde est de plus en plus visuel. Il faut travailler son identité visuelle, sa marque sur Instagram ; une bonne position sur Instagram pourrait un jour suffire.

Vous êtes aussi intéressée par les applications mobiles et les objets connectés. Parlez-nous de Pokemon Smile, une nouvelle application qui vous intéresse.

Un enfant qui a envie de prendre soin de ses dents deviendra un adulte avec des dents belles et saines. Mon rôle est de lui donner envie de devenir cet adulte-là. J’ai quelques années pour le faire, mais je dois créer cette envie. J’apprécie Pokemon Smile, car il motive les enfants à se brosser les dents. J’ai essayé précédemment des brosses à dents électriques et connectées, des jeux proposés par certaines de ces brosses. Mais, à chaque fois, la famille devait acheter une brosse. Avec Pokemon Smile, il n’y a pas besoin d’acheter la brosse et le dentifrice. Et en plus, les Pokémon sont les figurines les plus appréciées des enfants. Donc, je suis enchantée. J’attends vivement la traduction de l’application en français.

Vous réfléchissez beaucoup à la bonne communication entre le pédodontiste et sa patientèle. Quelle est la part du numérique dans cette relation ?

J’aime mon métier. J’aime être efficace et, pour l’être, il faut un très bon relationnel entre le chirurgien-dentiste, l’enfant, le parent. La communication, c’est la base, et l’excellence commence en ligne. La famille apprend à nous connaître en ligne. Ils savent que j’ai de l’expérience, par exemple. Mais après, tout doit être irréprochable : l’accueil par mail, par téléphone et au cabinet. Nous devons nous intéresser à l’enfant, qui il est, quel est son monde. Cela permet de le prendre en charge plus facilement. Sur les téléviseurs au plafond de mon cabinet, l’enfant à le choix de regarder les dessins animés ou de jouer sur une console de jeux (Nintendo Switch). Je gère le choix du dessin animé ou le jeux préféré de l’enfant que je soigne, à partir d’un iPad.

Certes, tout cela me prend beaucoup de temps, mais nous en gagnons encore plus. Je connais le patient avant de le recevoir. Dans 50% des cas, les parents nous envoient le consentement éclairé électroniquement, et nous espérons arriver à 90%.  Le planning est bien organisé. Je peux interagir de n’importe où et être au service du patient. Nous allons même ouvrir un service de questions-réponses en ligne, pour des interrogations simples.

 Attention, nous ne sommes pas au zéro papier. Parfois, l’explication nécessite de montrer et d’écrire, pour être sûr que l’information est comprise. Je donne alors les recommandations en matière d’hygiène bucco-dentaire et de prévention, un calendrier de brossage et les recommandations après certains soins pour assurer que toutes les consignes seront respectées.

 

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