Des avulsions sont réalisées dans 15 % des traitements d’orthodontie [1], principalement en cas d’encombrement sévère ou de vestibuloversion incisive marquée. Les fentes gingivales sont des défauts parodontaux fréquemment observés lors de la fermeture orthodontique d’un espace d’avulsion (dans 35 à 100 % des cas selon les auteurs [2-7]) (fig. 1).
La fente est définie comme une invagination linéaire du tissu interdentaire en direction mésiale ou distale avec une profondeur de sondage d’au moins 1 [2] ou 2 mm [3]. Elle se présente sous forme d’un pli (ou fissure) de gencive plus ou moins sévère pouvant cacher un défaut osseux sous-jacent.
Son origine semble multifactorielle, mais les études publiées à ce jour n’ont été menées que sur de faibles échantillons [2-5].
L’objectif de cette étude transversale était de déterminer la prévalence des invaginations, d’identifier leurs facteurs de risques et d’étudier leur sévérité.
Matériel et méthodes
Au total, 23 patients ayant achevé leur traitement orthodontique au moins 3 mois auparavant ont été recrutés au sein de la structure interne d’Orthopédie Dento-Faciale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Nous avons étudié les caractéristiques de 70 sites d’avulsions au total. La présence ou l’absence de fente ainsi que les caractéristiques parodontales de chaque site ont été relevées (biotype gingival, indice de plaque, indice de saignement au sondage, hauteur de gencive attachée). La sévérité des fentes a été caractérisée à l’aide de l’indice de Reichert [6]. Des données concernant le déroulement et la durée du traitement orthodontique ont été recueillies rétrospectivement dans les dossiers des patients. Ces mêmes paramètres ont également été testés afin d’évaluer une possible association avec la sévérité de la fente (fig. 2).
Résultats
La prévalence…


