Photobiomodulation par appareils à LED (ATP38®) et par lasers à diode en orthodontie et en chirurgie orthognathique : faut-il s’équiper ?

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  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste n°2 - 15 avril 2026 (page 34-39)
Information dentaire
La photobiomodulation (PBM), anciennement désignée sous le terme de Low-Level Light Therapy (LLLT), connaît un développement croissant en orthodontie, en odontologie et en chirurgie maxillo-faciale et dans bien d’autres domaines médicaux. Reposant sur l’utilisation de rayonnements lumineux de faible intensité, principalement dans le spectre visible et proche infrarouge, elle vise à moduler initialement les processus biologiques cellulaires afin de favoriser la cicatrisation, de réduire l’inflammation et d’optimiser la régénération tissulaire. Dans cet article, nous proposons une synthèse critique des fondements biologiques de la photobiomodulation, des différents appareils de PBM et de ses principales applications cliniques en orthodontie et en chirurgie orthognathique ainsi que des principales données disponibles. Forts de notre expérience clinique avancée avec le dispositif ATP38®, une attention particulière est portée à cette technologie reposant sur des panneaux à LED, à ses spécificités techniques et à son intégration raisonnée dans les protocoles thérapeutiques contemporains. L’objectif est enfin de répondre à une question centrale pour le clinicien : faut-il investir dans ce type de technologie ?

L’évolution des thérapeutiques orthodontiques et chirurgicales s’accompagne d’un intérêt croissant pour les approches visant à accélérer les processus biologiques, tout en améliorant le confort du patient. Dans ce contexte, la photobiomodulation (PBM) apparaît comme une modalité non invasive, bien tolérée et potentiellement synergique avec les traitements conventionnels. Initialement développée dans les domaines de la dermatologie et de la médecine du sport, la PBM s’est progressivement imposée en odontologie, notamment pour la gestion de la douleur, de l’inflammation et de la cicatrisation. Son utilisation en orthodontie et en chirurgie orthognathique suscite aujourd’hui un intérêt particulier, notamment dans une logique de traitements plus courts, plus efficients, plus prédictibles et biologiquement respectueux.

Principes biologiques de la photobiomodulation

La photobiomodulation repose sur l’absorption de photons par des chromophores intracellulaires, principalement situés au niveau mitochondrial, notamment la cytochrome c oxydase [1]. Cette absorption déclenche une cascade d’événements biologiques (fig. 1) incluant une augmentation de la production d’ATP, une modulation du stress oxydatif, l’activation de voies de signalisation impliquées dans la prolifération et la différenciation cellulaires, ainsi qu’une régulation de la réponse inflammatoire. Dans les tissus oro-faciaux, ces mécanismes se traduisent par une stimulation coordonnée de l’activité ostéoclastique et ostéoblastique, une amélioration de la microvascularisation locale, une modulation des médiateurs inflammatoires [2] et un effet antalgique lié à l’action sur les fibres nerveuses périphériques.

Applications cliniques

En odontologie et chirurgie orale [3], la photo–biomodulation est utilisée pour accélérer la cicatrisation post-extractionnelle, améliorer l’ostéointégration implantaire, réduire la…

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