Avez-vous déjà observé les prothèses amovibles complètes (PAC) de vos patients ? Avec le temps, la base prothétique se colore et devient poreuse. Mais qu’en est-il des dents ? Qu’elles soient en céramique ou en résine, nos patients édentés complets mastiquent, déglutissent et bruxent. Ces sollicitations occlusales répétées usent les dents artificielles (fig. 1a-c) par des phénomènes d’attrition et abrasion [1]. Cette usure peut être qualifiée de faible, modérée ou sévère selon la quantité de matière perdue (fig. 2a-c). Toutefois, au-delà de son degré de sévérité, l’élément déterminant reste surtout la célérité avec laquelle cette perte survient. S’installe-t-elle progressivement sur quinze ans ou apparaît-elle en seulement deux ans ?
Auparavant, la porcelaine constituait le matériau de choix, notamment en raison de sa résistance à l’usure. Il fallait souvent de nombreuses années avant de voir apparaître des plages d’abrasion. En France, depuis 2020, ces dents en céramique ne sont plus commercialisées (fig. 3). Aujourd’hui, le praticien ne peut donc choisir et prescrire que des dents en résine qui s’usent plus rapidement.
Ces dents artificielles peuvent être en polyméthacrylate de méthyle (PMMA), en PMMA renforcé ou en composite. Les données de la littérature s’accordent pour montrer que les dents en composite s’usent moins que les dents en PMMA [2]. Elles s’usent néanmoins beaucoup plus rapidement que les dents en céramique [3]. Cette perte de substance entraîne une perte de dimension verticale d’occlusion (DVO) associée à une perte de calage occlusal susceptible d’induire une instabilité prothétique.
Après avoir rappelé les caractéristiques et propriétés mécaniques des dents en résine, cet article dresse le cahier des charges des dents artificielles et explore une alternative innovante fondée…






