Situation
• Patient de 50 ans.
• Antécédent d’endocardite infectieuse plusieurs années auparavant sur valve native.
• État cardiologique actuellement stable, pas de traitement médicamenteux en cours.
• Pas d’allergie médicamenteuse connue.
• L’examen clinique et radiologique met notamment en évidence :
– une 26 déjà traitée endodontiquement, présentant une lésion inflammatoire péri-apicale d’origine endodontique, pour laquelle un retraitement endodontique est envisagé,
– un édentement unitaire en 46, pour lequel le patient souhaite une solution implantaire.
Question :
“Comment prendre en charge ce patient à haut risque d’endocardite infectieuse selon les recommandations 2024 ?”
Analyse : Vrai/Faux
1. « Chez ce patient ayant un antécédent d’endocardite infectieuse, je dois privilégier l’avulsion de la 26 plutôt qu’un retraitement endodontique, c’est un patient à haut risque »
FAUX
Un antécédent d’endocardite infectieuse classe le patient parmi les patients à haut risque d’endocardite infectieuse (EI).
Les recommandations françaises de 2024 ont cependant fait évoluer la prise en charge endodontique de ces patients.
Les traitements et retraitements endodontiques sont désormais possibles, sous certaines conditions.
La dent doit notamment :
- pouvoir être rendue fonctionnelle et restaurée ;
- présenter un support parodontal suffisant ;
- avoir un pronostic compatible avec sa conservation.
Le patient doit être compliant.
Le traitement ou retraitement endodontique est réalisé sous antibioprophylaxie.
Dans la situation présentée
Si la 26 présente un pronostic endodontique, parodontal et restaurateur favorable, l’antécédent d’EI ne justifie plus son avulsion systématique.
La possibilité de conserver une dent par un traitement ou un retraitement endodontique constitue ainsi une évolution importante par rapport à la stratégie plus restrictive…