Centres de santé : leur part dans les soins dentaires a doublé en quinze ans

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En 2025, les dépenses de soins et prothèses dentaires se sont élevées à 16,4 milliards d’euros, selon les comptes de la santé publiés par la Drees. Si la croissance du secteur ralentit (+ 2,5 % après + 3,4 % en 2024), sous l'effet d'un léger recul de l'activité, les centres de santé dentaires poursuivent leur progression et réalisent désormais 16,2 % des dépenses, contre 7,5 % en 2010.

Les dépenses de soins et prothèses dentaires ont atteint 16,4 milliards d’euros en 2025, soit 4,6 % de la dépense courante de santé de 356 milliards d’euros, selon les données publiées le 1er octobre par la Drees dans son édition 2026 des comptes de la santé.

Leur progression ralentit à +2,5 %, après +3,2 % en 2024, sous l’effet d’un léger recul des volumes (- 0,2 %), observé pour la première fois depuis 2014. La hausse des prix (+2,7 % après +1,3 % en 2024), liée notamment à la revalorisation des soins conservateurs, a toutefois permis de maintenir la croissance de la dépense.

La consommation de soins et prothèses dentaires comprend principalement les actes réalisés par les chirurgiens-dentistes, qui représentent 84,2 % des dépenses, soit 13,8 milliards d’euros.

Les soins dispensés par les orthodontistes pèsent 11,3 % de la consommation, soit 1,85 milliard d’euros. Les soins réalisés par les médecins spécialistes des soins dentaires (stomatologues, chirurgiens oraux ou maxillo-faciaux) représentent quant à eux 1,2 % des dépenses. À ces montants s’ajoutent notamment la prise en charge des cotisations professionnelles et différentes et aides conventionnelles.

La croissance des dépenses dentaires demeure inférieure à celle de l’ensemble de la dépense (+3,3 % en 2025).

Les soins conservateurs progressent plus vite que les prothèses

Les honoraires de soins dentaires et d’orthodontie remboursables atteignent 15,8 milliards d’euros en 2025, en hausse de 2,9 %. Ils se répartissent entre trois grands postes : les soins conservateurs, les prothèses dentaires et l’orthodontie.

Le premier poste représente 5,6 milliards d’euros, soit 35,4 % des honoraires. Ces dépenses augmentent de 5,7 % en 2025, soit le rythme le plus élevé parmi les différentes catégories de soins. La Drees attribue cette progression à la revalorisation de 4 % des tarifs des soins conservateurs intervenue en janvier 2025.

Les prothèses dentaires demeurent le principal poste de dépenses avec 7,9 milliards d’euros, soit 50,2 % des honoraires. La structure observée depuis la réforme du 100 % santé reste stable : les prothèses du panier 100 % santé représentent 3,8 milliards d’euros, soit 24 % des honoraires, tandis que les prothèses à tarifs maîtrisés (2,06 milliards d’euros) et les prothèses à tarifs libres (2,07 milliards d’euros) pèsent chacune environ 13 % des honoraires.

L’orthodontie remboursable représente quant à elle 2,3 milliards d’euros, soit 14,5 % des honoraires.

Les centres de santé continuent de gagner du terrain

La progression des centres de santé dentaires se confirme en 2025. Ceux-ci réalisent désormais 16,2 % du montant des soins et prothèses dentaires, contre 7,5 % en 2010.

Cette évolution accompagne la transformation des modes d’exercice. Au 1er janvier 2025, la France compte 48.000 professionnels exerçant dans le champ des soins dentaires, soit une hausse de 3,9 % sur un an. Parmi eux, 47 100 sont chirurgiens-dentistes ou orthodontistes.

Les professionnels libéraux restent majoritaires avec 35 500 praticiens, soit près de 74 % des effectifs. Toutefois, les formes d’exercice alternatives progressent plus rapidement. Les effectifs mixtes, combinant activité salariée et activité libérale, augmentent de 14,6 % en un an pour atteindre 3 700 praticiens, tandis que les salariés hors hôpital progressent de 4,3 %, à 7 900 professionnels.

Selon la Drees, cette dynamique est directement liée au développement des centres de santé dentaires, au sein desquels les professionnels exercent sous statut salarié. Entre 2021 et 2025, la part des soins fournis en centre de santé par les chirurgiens-dentistes a augmenté de 2,4 points pour atteindre 18 %.

Les profils d’activité diffèrent également selon le lieu d’exercice. Les dépenses réalisées en cabinet libéral comprennent davantage de soins non remboursables et de prothèses à tarifs libres. À l’inverse, les centres de santé concentrent une part plus importante de prothèses du panier 100 % santé. Ainsi, celles-ci représentent 33 % des dépenses en centre de santé contre 21 % en cabinet libéral. Les prothèses à tarifs libres pèsent au contraire 14 % des dépenses en cabinet et seulement 6 % en centre de santé.

Les complémentaires demeurent le premier financeur

Les organismes complémentaires restent les principaux financeurs des soins dentaires avec 45,7 % des dépenses, soit 7,5 milliards d’euros. La Sécurité sociale en finance 39,5 % (6,5 milliards d’euros) et le reste à charge des ménages s’établit à 14,6 %.

La répartition varie fortement selon la nature des soins. Pour les soins conservateurs, la Sécurité sociale demeure le premier financeur avec 52,3 % des dépenses, contre 30,9 % pour les complémentaires. En revanche, ces dernières financent 61,5 % des dépenses de prothèses dentaires, contre seulement 25,9 % pour l’Assurance maladie.

Les organismes complémentaires prennent notamment en charge 63,3 % des dépenses du panier 100 % santé et près de 73 % des prothèses à tarifs libres. À l’inverse, le reste à charge est le plus élevé pour les prothèses à tarifs maîtrisés, où il atteint 33,1 %, contre 15,4 % pour les prothèses à tarifs libres.

Depuis 2022, la part financée par les complémentaires sur ces dernières est passée de 67 % à près de 73 %, contribuant à réduire le reste à charge des patients.

Enfin, la couverture des soins conservateurs par les complémentaires continue de progresser. Elle atteint 31 % en 2025, contre 25 % en 2021. Cette évolution compense en partie la baisse du taux de remboursement des soins dentaires conventionnés par l’Assurance maladie, passé de 70 % à 60 % en 2024, permettant de maintenir globalement stable le reste à charge des ménages, selon la Drees

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