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Information dentaire

L'Information Dentaire n°25 - 24 juin 2020

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Éditorial
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Éditorial

La Prothèse Maxillo-Faciale, une école d’humanité

L’odontologie a longtemps été en marge du monde médical hospitalier du fait de l’organisation des études, les facultés d’odontologie ayant leurs centres de soins le plus souvent en dehors des hôpitaux. Il y a encore une quarantaine d’années, l’attrait pour la Prothèse Maxillo-Faciale (PMF) était très limité car, d’une part, bien qu’étant au programme des enseignements, la discipline était enseignée dans à peine un tiers des seize facultés, avec d’importantes disparités dans le nombre d’heures qui lui était consacré, et, d’autre part, son champ d’activité à l’interface d’autres disciplines médico-chirurgicales (ORL, chirurgie maxillo-faciale, chirurgie plastique et reconstructrice, radiothérapie, etc.) nécessitait (et nécessite toujours) une présence et une coopération hospitalière.

Depuis maintenant une vingtaine d’années, des enseignants des facultés où la PMF n’était pas enseignée – ou de façon très hypothétique – se sont formés à cette discipline. Par ailleurs, les centres de soins des UFR d’odontologie ont progressivement intégré les plateaux hospitaliers permettant un échange et une coopération avec les disciplines connexes, parallèlement à la médicalisation de l’enseignement. Les étudiants ont ainsi pu avoir plus facilement accès à cette spécificité de notre profession. Du point de vue technologique, l’évolution de la PMF, dans le domaine des pathologies congénitales (fentes labio-maxillaires et divisions vélo-palatines) comme dans celui des pathologies acquises (traumatologie, cancérologie, rééducation), a suivi et profité des progrès tant au niveau des matériaux (passage du métal, de la vulcanite, des papiers et chiffons utilisés pour les réhabilitations prothétiques lors de la première guerre mondiale au titane, au silicone et à la résine actuellement utilisés) que des techniques de type réhabilitation artisanale au début du XXe siècle à l’utilisation d’une procédure informatique avec usinage ou impression 3D développée actuellement.

Du point de vue médical, l’amélioration des traitements des pathologies lourdes de type cancers, les progrès de la chirurgie et l’augmentation de l’espérance de vie conduisent les cabinets dentaires à recevoir de plus en plus de patients présentant des anomalies des bases osseuses, des pertes de substance des étages inférieur ou moyen de la face ou des organes externes – nez, oreilles, région oculo-palpébrale. Si, dans un premier temps, la participation de l’odontologiste se fait le plus souvent au sein d’une structure hospitalière, la prise en charge secondaire et le suivi peuvent rapidement être faits au cabinet. Les patients sont alors demandeurs d’une prise en charge leur permettant de se réinsérer dans la société, d’y retrouver leur travail et leur vie de famille avec un minimum de séquelles. Nous nous devons, en tant que professionnel de santé, d’y répondre.
La PMF endo-cavitaire est l’art de transformer une divergence basale en une convergence occlusale.

La PMF extra-orale est l’art de redonner une dignité et un lien social au malade.
Cette discipline conduit chaque praticien à une grande humilité devant les défis de la reconstruction des malades et ces derniers ont souvent une immense gratitude vis-à-vis des praticiens allant jusqu’à leur dire, par exemple après une chirurgie d’exérèse maxillaire avec reconstruction par prothèse obturatrice et radiothérapie : « À chaque fois que je vous vois je vais mieux » ou « Vous êtes le seul à me faire du bien ». Ce rapport humain est inestimable.

Didier Maurice
Coordinateur scientifique du numéro