Covid -19 : « les reports de charges c’est bien, mais avec la reprise, il faudra aussi des suppressions pures et simples »

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Cet article fait partie du dossier : Covid-19

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Dans l’émission « Questions expresso avec l’ADF » du 26 mars, les secrétaires généraux de l’ADF Julien Laupie et Joël Trouillet ont interrogé Thierry Souilé le président du syndicat dentaire Les CDF (les Chirurgiens-Dentistes de France) (voir la vidéo  https://www.youtube.com/watch?v=aOMQNV77sz0&feature=youtu.be). Il a fait le point sur l’impact de la crise sanitaire sur l’économie des cabinets dentaires.

👉 Sur les échéances de prêts professionnels et personnels mais aussi les leasing pour le matériel
Thierry Souilé, conseille aux praticiens qui n’ont pas de trésorerie de se tourner vers leurs organismes financeurs pour obtenir un report des échéances de prêts de 3 à 6 mois mais plutôt 6 mois. « Il faut prendre en compte le temps du confinement, de la reprise et de la période estivale », estime-t-il. S’agissant des investissement des crédits à taux 0% pourront être consentis jusqu’à 40 000 euros et au-delà.

👉 Sur les charges sociales et fiscales
La CARCDSF a fait savoir qu’il y aura une suspension automatique des prélèvements d’avril et mai et aucun prélèvement trimestriel en juin. Les cotisations URSSAF pourront être reportées au mois d’avril. Quant aux impôts, il y a la possibilité de moduler ses acomptes de prélèvement à la source. Les autres charges : loyers, eau, électricité, gaz, etc..  peuvent aussi être repoussées. « Les reports de charges c’est très bien, mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous sommes face à une réelle perte d’activité et de revenus. Ce qui est perdu est définitivement perdu. Avec la reprise, il faudra aussi des suppressions pures et simples. Je pense en particulier à l’URSSAFF et aux charges fiscales », explique Thierry Souilé.

👉 Sur les indemnités journalières
Pour les praticiens atteints du coronavirus des indemnités journalières de 112 euros sont prévues avec un délai de carence de 3 jours pris en charge par les mutuelles. Pour les praticiens confinés car en contact avec un malade, à risque (enceinte par ex) ou à domicile pour garde d’enfants, les mêmes indemnités s’appliquent sans délais de carence. « C’est évidemment insuffisant », selon le président du syndicat.

👉 Sur les pertes d’exploitations
« Tout le monde fait un effort dans cette situation inédite, l’Etat, les professionnels de santé, les Français, les assurances, elles, sont les grandes muettes. Elles doivent prendre leur part et arrêter de se cacher derrière la crise sanitaire qu’elles ne couvrent pas. Nous en avons appelé au gouvernement. Je rappelle que nous payons tous des prévoyances ». La profession attend un arrêté du ministère de la Santé actant la fermeture des cabinets dentaires. Cet arrête permettrait de « faire pression » sur les assureurs.

👉 Sur le fonds de solidarité
Abondé par les assurances, il permet de percevoir 1500 euros mensuellement sous certaines conditions : chiffre d’affaires (CA) inférieur à 1 million d’euros, bénéfice imposable inférieur à 40 000 € lors du dernier exercice, avoir fait l’objet d’une fermeture administrative et une perte de CA d’au moins 70 % entre le 21/02 et le 31 mars par rapport à la même période en 2019. « Dans ces conditions ça ne touche que 15 % des praticiens, le gouvernement doit revoir sa copie », selon le président des CDF.

👉 Solidarité
Thierry Souilé souhaite que la profession puisse s’engager au besoin aux cotés des soignants de première ligne. « Nous sommes une profession de santé à part entière et nous pouvons nous mettre à disposition des autres professions de santé dans ce moment difficile ».

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