Les facultés d’odontologie mobilisées dans la lutte contre le virus

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°16 - 22 avril 2020

Cet article fait partie du dossier : Covid-19

  • Sous l'égide de L'information Dentaire
Information dentaire
Tout a commencé par un appel de Delphine Maret, de la Faculté d’odontologie de Toulouse, qui souhaitait souligner la formidable implication des étudiants toulousains. Puis les responsables de la Faculté d’odontologie de Paris qui ont notamment mis en avant le rôle de leurs étudiants dans le dispositif Covidom. Au final, nous avons interrogé l’ensemble des facultés sur leur gestion de la crise sanitaire actuelle et le rôle pris par les étudiants. Une très belle leçon de solidarité.

Faculté de Lorraine

Comme dans de nombreuses régions de France, les étudiants en odontologie nancéiens se sont mobilisés spontanément dès le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, ont fait preuve de maturité, de discipline, d’entrain et de volonté « pour servir ». « Servir », « se rendre utile » ont été des maîtres-mots chez une très large majorité d’entre eux. Et utiles, ils l’ont été, le sont encore tandis que nous sommes toujours en pleine pandémie.

Dès le 16 mars, sur les différents sites du service d’odontologie de Nancy, les internes et les externes ont participé à la mise en œuvre de sa réorganisation : régulation téléphonique, régulation physique à l’accueil, gestion et distribution de matériel dans les différentes salles de soins sont assurées efficacement depuis maintenant plus de quatre semaines. Les étudiants ont spontanément constitué des listes de ceux d’entre eux pouvant être mobilisés et présents dans le service en moins de vingt minutes pour répondre à de potentiels besoins ponctuellement majorés.

À la demande de la Commission Médicale d’Établissement du CHRU relayant la demande de l’Établissement Français du Sang, de nombreux étudiants sont allés donner leur sang. Sur différents sites hospitaliers périphériques, certains ont participé au centre 15 pour aider à la régulation, certains ont été sollicités pour du brancardage ou des tâches d’aides-soignants, d’autres ont assuré des pré-admissions aux urgences.

Nos étudiants en odontologie ont pris pleinement la mesure de toutes les dimensions de l’exercice d’une profession de santé avec l’engagement qu’impose cette crise exceptionnelle.

Jean-Marc Martrette, doyen
Éric Mortier, chef de service

Faculté de Bordeaux

Comme partout en France, notre quotidien à Bordeaux a été bouleversé par l’arrivée du SRAS-CoV-19. Nous avons dû trouver des solutions pour assurer la continuité pédagogique, la gestion des examens en ligne, la permanence des soins et participer à l’effort sanitaire au CHU. Les internes, toutes spécialités confondues, participent à la gestion des urgences bucco-dentaires, sous la supervision des enseignants, avec les équipes paramédicales restreintes. Environ 60 patients consultent chaque jour, 50 % nécessitent une intervention suivant des protocoles stricts mis en œuvre au sein du pôle, sur la base des recommandations nationales et internationales.
« Cette activité est importante pour maintenir la continuité des soins. Les patients viennent parfois de loin. Des protocoles actualisés et des réunions en début de vacation permettent d’articuler l’équipe. Nous évaluons le caractère urgent des doléances et, si cela suffit, nous faisons une ordonnance. Sinon, nous assistons ou nous réalisons les soins au fauteuil avec un senior. Je me sens vraiment utile dans cette activité qui soulage les patients. » Mathilde, interne en MBD.

« Nouvelle organisation, et nouvelles tenues (charlottes, visières, masques FFP2, doubles gants, surblouse et surchaussures) ! C’est inconfortable et anxiogène, mais nécessaire. Pour dédramatiser, l’un de nos enseignants nous compare à des cosmonautes ! Nous nous sentons bien protégés. » Sarah et Matthieu, internes en MBD.
Par ailleurs, le SAMU a sollicité 24 étudiants en odontologie pour participer à la régulation des appels au centre 15, en partie dédié à la COVID. Les externes ont été formés très rapidement pour être opérationnels, ils témoignent :

« Dès l’annonce de cet appel, je me suis senti concerné pour participer à mon échelle à cet effort face à la crise sanitaire. Nous travaillons en binôme, par plages de 4 heures, de 7h à 23h, 7 jours sur 7. Nous répondons aux appels, enregistrons les informations essentielles que nous transmettons aux médecins. L’équipe du SAMU nous met en confiance et nous donne envie de nous investir. » Thomas, 4e année.

« Au début, nous recevions 20 appels chacun par permanence ; maintenant, les appels sont moins nombreux, mais les personnes qui nous contactent ont plus souvent des détresses respiratoires. Depuis quelques jours, la fréquence des appels a diminué et le planning a été allégé. Néanmoins, tout le monde reste mobilisé. » Guillaume, 4° année.

En Nouvelle Aquitaine, toutes les équipes universitaires et hospitalières se sont mobilisées et nous avons eu de la chance car la situation est restée sous contrôle.

Caroline Bertrand, doyen
Bruno Ella Nguema, chef du Pôle de médecine et chirurgie bucco-dentaire
Elise Arrivé, coordinatrice du volontariat étudiant

Étudiants contributeurs :
Mathilde Devun, Sarah Kawachagie, Matthieu Delolme, Internes en MBD
Camille Mengelle, interne en ODF
Thomas Hermerel, Guillaume Charles, étudiants en 4e année

Faculté de Brest

Suite à la crise sanitaire qui touche le monde entier, les étudiants d’odontologie se sont grandement mobilisés en France.
À Brest, les étudiants, futurs professionnels de santé, assument leurs responsabilités et participent à l’élan national de solidarité.
Les internes participent pleinement à la prise en charge des patients dans le service d’odontologie, aux côtés des enseignants et praticiens, pour les soins non programmés et urgences concernant les patients externes et hospitalisés. Ils poursuivent également leur contribution à l’activité de la permanence des soins aux urgences générales les week-ends, malgré la crise.

Les externes et les étudiants pré-cliniques se sont également et immédiatement portés volontaires afin de soutenir les hôpitaux de la région ou les dispositifs ordinaux comme à Saint Brieuc pour la régulation téléphonique des urgences dentaires. Les compétences de chacun (garde d’enfants, expérience d’infirmière ou d’aide-soignant), mises au profit de tous, permettront de vaincre ensemble la crise sanitaire que nous traversons.

De plus, pour les 6e année, un roulement s’effectue et ils contribuent au fonctionnement du service d’odontologie en temps de crise sanitaire. En effet, sans pratiquer d’acte clinique, ils réalisent dans le service des actions administratives, de tri téléphonique, etc. Ils prêtent également main-forte aux internes et enseignants en leur distribuant le matériel dont ils ont besoin afin de limiter leurs déplacements en dehors de l’aire de soins.

De même, l’Association des Étudiants en Odontologie de Brest (AEOB) établit via les réseaux sociaux des contacts et tente de continuer à animer la vie estudiantine à travers des défis entre les étudiants des différentes facultés.

Enfin, beaucoup d’étudiants se sont inscrits sur la liste de réserve sanitaire, via la cellule de crise au CHRU de Brest et sont mobilisables pour toute action utile à l’hôpital et dans les établissements associés.

Étudiants de l’UFR d’Odontologie de Brest

Faculté de Clermont-Ferrand

Sur le site clermontois, dès le début du confinement, les étudiants de 5e et 6e années ont été appelés à aider les internes et les praticiens qui assurent la permanence des soins du service d’odontologie. Des 6e année, mis à disposition, vont également prêter mains fortes dans certains CHU sans faculté dentaire tels Tours et Dijon.
Les étudiants plus jeunes dans leur cursus ont eu la possibilité de s’inscrire comme volontaires sur l’Espace Numérique de Travail (ENT) de l’Université Clermont-Auvergne, ou une plateforme spécifique à l’odontologie « restons en contact » a été créée.

Un très grand nombre a répondu et, avec le concours du Conseil de l’Ordre et l’ARS, les besoins en volontaires dans différents sites sont en cours d’évaluation avant affectation. La création d’un réseau d’ENT-RAID_Odonto est en préparation, l’objectif étant de proposer aux personnels soignants réquisitionnés une aide personnalisée pour faciliter la vie familiale quotidienne.

Emmanuel Nicolas, doyen, et l’équipe pédagogique
Thierry Orliaguet, chef de service, et l’équipe gestion des soins

Faculté de Lille

A la faculté a été installée une plateforme téléphonique relais du 15 afin de prendre en charge les appels téléphoniques concernant les urgences dentaires. Cette plateforme téléphonique est assurée par des étudiants de 6e année sur la base du volontariat du lundi au vendredi de 10h à 17h30.
Le but est de procéder à une régulation des appels afin de déterminer l’urgence, de conseiller si possible par téléphone, de diriger vers un dentiste traitant de garde, ou vers notre service d’odontologie du CHU de Lille qui est logé dans les locaux de la faculté.

En moyenne, 20 appels par jour sont ainsi gérés depuis la mise en place le 24 mars 2020.

Nos internes ODF, MBD et CO assurent tous les jours les urgences dentaires dans le service d’odontologie et une permanence téléphonique 7j/7 de 18h à 23h.
Par ailleurs, des étudiants de 2e et 3e années, en possession du BAFA, se sont engagés, volontairement, dès le début du confinement dans les services de garde des enfants des personnels hospitaliers.

Emmanuelle Bocquet, doyen

Faculté de Marseille

Durant cette période de crise sanitaire, les internes et externes de Marseille se sont engagés spontanément dans des activités éducatives et sociales. Si certaines ont été gérées par des organismes institutionnels, ils ont été à l’initiative d’un certain nombre d’entre elles.

Les internes et externes participent à la vie de différents sites sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram) à visée pédagogique comme le Paro Confinement e-Learning, le Facebook Covid Restau Learning ou encore les Instagram Live en Endodontie. Certaines de ces formations sont d’ailleurs en « free access » pour tous les étudiants francophones en formation initiale. Les étudiants suivent ces activités derrière leurs écrans, démontrant leur intérêt et leur envie de continuer à se former. Il s’agit de cours/conférences sur des thèmes cliniques, complétés de questions-réponses tutorées par des enseignants des disciplines concernées.

Les enseignants et internes de toutes spécialités assurent, à tour de rôle, sous la responsabilité de la chef de pôle, des gardes d’urgence dans le CSERD.
Les externes, étudiants de 02 à 06, organisent un concours de sculpture dentaire sur un support de leur choix. Cette activité démontre la dextérité, le souci du détail et le sens esthétique acquis par nos étudiants.

Les 05-06 animent chaque semaine, avec l’enseignant de la discipline, un study group d’occlusodontologie permettant un débat d’idées et un approfondissement clinique.

Nos 06 gardent le moral. Ils travaillent en organisant des Stud’Conf en live sur le Net et participent à un groupe de divertissement WhatsApp « CovidO6 ». Initié par la responsable de la « santé et bien-être » de la faculté, il a mission de garder le contact, notamment avec les plus isolés (staff culturels et ludiques).
Enfin, de nombreux étudiants sont engagés dans des missions de soutien/COVID-19 : marins pompiers, logistique, aide aux personnes en difficultés ou personnes âgées avec l’aide et le soutien logistique du doyen.

Bruno Foti, doyen
Anne Raskin, Michel Ruquet, vice-doyens
Frédéric Bukiet, Virginie Monnet-Corti, Hervé Tassery, Patrick Tavitian

Faculté de Nantes

La Faculté de chirurgie dentaire de Nantes, avec les deux services hospitaliers, a organisé la prise en charge des urgences « strictes » au niveau de la population du bassin de la ville de Nantes. Un arbre décisionnel est utilisé à cette fin.
Une régulation téléphonique est réalisée par du personnel de secrétariat, des hospitalo-universitaires et des internes.
L’accueil physique est filtré de la même façon.
La prise en charge des patients est réalisée sur des fauteuils dédiés par des hospitalo-universitaires et par des internes qui sont fortement impliqués.
Tous les autres rendez-vous ont été reportés.
Les 4e, 5e et 6e années constituent la Réserve des Étudiants en Odontologie.
Actuellement, le fonctionnement est tout à fait satisfaisant. Je tiens à remercier vivement les hospitalo-universitaires, les internes et l’ensemble du personnel du Centre de Soins d’Enseignement et de Recherche Dentaire pour leur implication dans l’accomplissement des leurs missions.

Bernard Giumelli, doyen

Faculté de Paris (Descartes)

Mobilisés dans la prise en charge des urgences dentaires avec les praticiens seniors, les internes participent aux services de garde, toute la semaine, dans leurs services hospitaliers respectifs. Bravo et merci à eux !

La mobilisation des externes est également intense. Covidom est la plateforme de télésurveillance qui suit à distance plus de 30 000 patients atteints du Covid-19, qui permet de désengorger le système hospitalier. En se portant volontaire à la fonction de télésurveillant, nos 400 étudiants ont concrètement participé à la gestion de cette crise sanitaire, ce qui a fait dire au Pr Jourdain, responsable de Covidom : « Les étudiants en odonto sont formidables, c’est grâce à eux que nous avons pu lancer cette plateforme si rapidement, j’aurais dû faire dentiste ! »

3D4Care.org est un consortium, coordonné par le Dr Jean-Pierre Attal, regroupant des professionnels de santé, chercheurs, ingénieurs, techniciens au sein de trois universités (Université de Paris, Université Sorbonne Paris Nord, Université Paris Saclay) dont l’objectif est de protéger les soignants en fabriquant, par impression 3D, des visières. Nos étudiants sont chargés de récupérer la production des 100 makers de la région parisienne, de réaliser la décontamination, le contrôle qualité, et l’assemblage. L’efficacité de nos 30 externes qui y participent chaque jour a été soulignée par le Pr Morenton (Centrale-Supelec) : « Comment faites-vous en dentaire pour avoir des étudiants aussi efficaces ? »

Notons également l’existence des travaux collaboratifs : les externes qui ont dû, pour des raisons diverses, rester confinés, sont chargés de proposer :
– une évaluation des besoins de protection de tous les soignants de l’Ile de France. Un travail d’enquête et de communication sur les réseaux sociaux a déjà permis de mettre en évidence des centaines de structures en situation de besoins ;
– des projets de recherche sur les comportements humains pendant la crise sanitaire, avec en particulier les conséquences du confinement chez les étudiants.
Sur tous ces projets, la collaboration des deux facultés parisiennes est sans faille, à l’image de Max Troizier-Cheyne et David Tabo, représentants étudiants, qui assurent une coordination d’une efficacité redoutable.

Louis Maman, doyen

Faculté de Paris (Diderot)

Sur la base du volontariat, une vaste majorité d’étudiants, d’externes et l’ensemble des internes se sont mobilisés dans une série d’actions. Un noyau dur d’étudiants « mobilisateurs » s’est construit avec la cellule bien-­être, qui a entraîné les promotions des deux UFR dans un bel élan francilien. Cette dynamique remarquable, non seulement ne faiblit pas mais s’amplifie dans la durée. L’île de France est une région de tension pour les urgences en général (grande garde 7j/7, 24h/24) et en COVID-­19.

La réorganisation par service s’est complétée d’une coordination régionale, à la fois pour le volet bucco-dentaire et dans de nombreuses actions transversales en santé. Un bruit de fond parasite, que ce soit pour les étudiants ou pour les praticiens, a été une méconnaissance ou non-reconnaissance que notre profession puisse intervenir comme d’autres acteurs hospitaliers. La réponse forte de nos étudiants et de nos hospitalo-universitaires a démenti cet a priori et grandit notre image comme c’est le cas pour la mobilisation responsable de nos professionnels.

On peut citer, sans en préciser le type d’étudiant :
– la participation, en plus des urgences dans les services d’odontologie, à la téléconsultation COVIDENT qui filtre et oriente les urgences bucco-dentaires dans les services hospitaliers franciliens en partenariat avec les professionnels et le Conseil de l’Ordre ;
– le remplacement de notre personnel non médical réquisitionné dans les services de réanimation ;
– la contribution en masse à la plateforme COVIDOM de télé-­suivi médical à domicile des patients contaminés pour en diminuer l’afflux sur l’hôpital, saluée par son coordinateur ;
– l’aide à la fabrication de dispositif médical de protection des personnels soignants (impression 3D, montage et livraison de visières) ;
– l’analyse critique de la littérature scientifique pour contrer la vague de fakenews qui accompagne toute crise sanitaire et sociétale.

Ariane Berdal, doyen

Faculté de Reims

Depuis le 17 mars, le fonctionnement du pôle de médecine bucco-dentaire du CHU de Reims a été revu afin d’assurer la continuité des soins dans les conditions de sécurité des patients et des soignants requises par le contexte épidémique.

La mise en œuvre du plan Blanc a entraîné la déprogrammation de toutes les consultations externes non urgentes et des interventions chirurgicales programmées de façon à permettre un redéploiement des moyens humains et matériels. Le pôle a restreint son activité aux urgences bucco-dentaires dont la prise en charge est effectuée selon un protocole strict avec une régulation téléphonique efficace. Étudiants hospitaliers, internes et seniors ont chacun été affectés à un rôle défini dans le parcours de soins du patient. Des circuits de prise en charge distincts ont été mis en place de façon à séparer les patients (asymptomatiques, fragiles, possibles…) et permettre une fluidité de prise en charge réduisant au maximum l’attente.

Les étudiants en odontologie sont acteurs et complètement intégrés dans la réorganisation, de l’assistance aux soins à la gestion des flux. Grâce à leur participation, un renfort des mesures d’hygiène hospitalière et des mesures barrières ont été mis en place.

Les étudiants ont été aussi mobilisés pour renforcer les effectifs du CHU sur la base du volontariat, pour assurer l’accueil, la prise de température et l’aiguillage des patients dans les filières de prise en charge COVID ou non COVID. Ils ont enfin été sollicités par l’Institut Jean Godinot, le centre de lutte contre le cancer rémois, afin de coordonner l’arrivée des ambulances, d’accueillir les patients, les orienter dans les services.

Avec leur mobilisation massive et spontanée, les étudiants en odontologie rémois ont à cœur de remplir leur mission de santé publique en renforçant les services, de façon à permettre une réponse la plus efficace possible de notre système de santé à cette crise sanitaire.

Louise Vaudour, étudiante en 5e année
Mélanie Charron, étudiante en 5e année
Julien Braux, chef de Service
Benoît Lefevre, chef de Pôle
Pierre Millet, directeur de l’UFR d’odontologie de Reims

Faculté de Strasbourg

La Faculté de chirurgie dentaire et le Pôle de médecine et chirurgie bucco-dentaires sont mobilisés contre le coronavirus. Enseignants, étudiants, personnels sont impliqués dans un double front : continuité pédagogique et continuité des soins.

Côté faculté, une priorité : tout faire pour éviter l’année blanche ! Les cours magistraux sont dématérialisés et les examens de fin d’année reportés, de façon coordonnée avec les directives universitaires. Une grande part de la formation est consacrée à la pratique préclinique sur simulateurs et à la pratique clinique avec prise en charge de patients. Une stratégie de compensation du manque d’enseignements est engagée avec souplesse, bienveillance, sans indulgence, tout en garantissant un niveau de formation essentiel.

Côté pôle, tout s’est organisé pour faire face. L’équipe dirigeante communique les directives indispensables au fonctionnement clinique d’urgence, mais également dans le domaine de la santé publique sur les plans local et national. Elle a prouvé son efficacité et son professionnalisme dans la gestion des équipes cliniques en veillant à ce que tous puissent intervenir dans des conditions de sécurité optimale.

Pour nos étudiants, le volontariat a été privilégié. Une réserve sanitaire a été constituée dès les premiers signes de la pandémie, s’adaptant aux besoins des établissements hospitaliers de la région. Enseignants et étudiants en santé s’y sont engagés. Nos étudiants viennent assister les titulaires seniors et les internes au service d’urgence qui est assuré quotidiennement ; ils sont mobilisés également en soutien des services médicaux.

Solidarité, patience, prudence… un état d’être qui s’est installé à tous les niveaux. Un mois de confinement déjà ! Une réflexion qui s’installe sur la gestion du « déconfinement ». Alors forcément, des questions diverses émergent auxquelles répondent les directions de la faculté et du pôle par leurs messages hebdomadaires.
Tous ces efforts permettent le maintien de l’activité universitaire et hospitalière mais génèrent aussi la « déritualisation » de notre quotidien, d’autres fatigues, stress et même souffrances pour un certain nombre d’entre nous.
Nous devons tenir !

Corinne Taddéi-Gross, doyenne de la Faculté de chirurgie dentaire
Anne-Marie Musset, chef du Pôle de médecine et chirurgie bucco-dentaires

Faculté de Toulouse

Face à cette situation de crise sanitaire inédite, nos externes volontaires et nos internes, futurs consœurs et confrères, se sont mobilisés pour venir en aide aux patients.
Alors qu’il y a seulement quelques semaines, ils étaient impliqués dans des prises en charge conventionnelles, ils ont su s’adapter en quelques jours à la gestion unique et particulière des urgences odontologiques et des choix nécessaires à faire face à un afflux de patients.

Les journées commencent par un staff avec les praticiens, internes, secrétaires, paramédicaux et externes. Après le rappel des gestes barrières, des procédures et précautions de prise en charge, les rôles de chacun sont répartis. Cela va de l’évaluation téléphonique des doléances bucco-dentaires et la dispensation de conseils aux patients en synergie avec l’Ordre départemental et les chirurgiens-dentistes libéraux. Lorsque les patients sont reçus à l’hôpital, les externes assistent les praticiens hospitaliers et internes dans la réalisation des soins. D’autres pallient la réaffectation du personnel paramédical parti en renfort dans d’autres services de l’hôpital, viennent en soutien aux infirmières de salle d’intervention, aides-soignantes et à la manipulatrice radio afin de fluidifier la prise en charge des patients. Enfin, les externes et internes qui ne participent pas au fonctionnement du service d’odonto­logie se sont inscrits pour faire de la régulation téléphonique au SAMU avec leurs collègues médecins et pharmaciens ou ont été affectés aux urgences.

Ce sentiment de participer, chacun à son niveau, à une action qui dépasse notre quotidien en synergie avec les autres professionnels de santé renforce les liens. Il s’inscrit tout naturellement dans l’actualité toulousaine de création d’une UFR Santé. La reprise, lorsqu’elle aura lieu, se fera probablement par étapes ; la crise que nous traversons construit l’avenir. Certaines mesures, certains gestes acquis en ce moment font sans aucun doute progresser nos comportements et notre discipline.

Quelques témoignages de nos externes (5e et 6e années)

Béatrice : « Le premier jour où je me suis portée volontaire, je ne savais pas trop à quoi m’attendre… mais très vite chacun a trouvé sa place et son rôle à jouer. À la fin de la journée, nous sommes très contents d’avoir aidé, avec le sentiment d’avoir été utiles. Je trouve aussi que mes collègues de promotion de 5e année sont très solidaires et impliqués, ils ont très vite répondu favorablement à la demande de volontariat dans ces circonstances exceptionnelles ! »
Aurélien : « Outre notre implication en renfort dans le système de gardes d’urgences dentaires à l’hôpital, nous sommes également intervenus en renfort des externes de médecine pour venir en aide au SAMU 31… Au total, nous n’étions pas moins de 1 200 volontaires… C’est un sentiment indescriptible que d’avoir pu rendre service à nos confrères médecins, et à plus grande échelle, à la population en général. »
Clémentine : « La situation est inédite, dramatique et anxiogène. Sur la base du volontariat, nous nous impliquons et nous avons réellement l’impression d’évoluer au sein d’une équipe soudée malgré le contexte gravissime. Le service a bénéficié d’une très bonne réorganisation : entièrement pensée pour prendre en charge le patient qui vient en urgence, parfois au détriment de la santé des praticiens. D’ailleurs, nous nous sentons très protégés grâce à l’implication des praticiens hospitaliers, que nous remercions et admirons de se mettre en première ligne. Nous serons prêts à prendre nos responsabilités de futurs praticiens de santé. »

Quelques témoignages de nos internes

  • « Nous sommes fiers de venir au service d’odontologie car en tant qu’internes MBD, ODF et de CO, nous avons un rôle utile en soulageant les patients de leur douleur et en évitant qu’ils engorgent les urgences médicales. »
  • « Nous avons noté une nécessité de souplesse pour l’organisation des soins. En effet, au cours de la 1re semaine, il a fallu essayer différents formats de programmation afin de s’accorder sur la gestion du service, permettant l’organisation la plus fluide. »
  • « Autre point positif : les bénéfices d’une coordination et d’un rassemblement entre tous les acteurs du parcours de soins, comprenant l’équipe omnipratique, chirurgicale, mais aussi les infirmiers, aides-soignants, personnels d’entretien, externes sans oublier l’effort des particuliers qui apportent visières et masques, nécessaires au quotidien, mais plus encore dans cette période de crise. »
  • « L’après confinement nous effraie un peu : nous observons notamment une augmentation significative du nombre d’urgences prothétiques que l’on ne peut gérer actuellement et nous nous inquiétons de l’importance de cas qu’il faudra gérer à la suite du confinement. »

Sara Laurencin, Sarah Cousty, Jean-Noël Vergnes, Rémi Esclassan, Anne-Marie Campi, Jean-Marc Bergia, Frédéric Vaysse, Philippe Pomar, Olivier Hamel, Marie Gurgel-Georgelin
Nous remercions tous nos externes de 5e et 6e années de l’UFR de Toulouse et nos internes en odontologie toulousains des DES de Chirurgie Orale, MBD et ODF.

Faculté de Montpellier

L’ensemble de la communauté montpelliéraine s’est mobilisé dès le 13 mars face à la pandémie avec une synergie entre le service d’odontologie et la faculté en lien avec les organisations professionnelles ordinales départementales. Les seniors, avec les internes, se sont impliqués dès les premiers instants dans la constitution d’un plateau d’accueil au centre de soins dentaires pour faire face à l’urgence de la situation et répondre aux besoins de soins imminents de la population dans un contexte de solidarité complète avec les responsables et les équipes du CHU et en lien permanent avec le Conseil de l’Ordre de l’Hérault. Une procédure progressive a été mise en place avec divers niveaux d’actions dans toutes les disciplines avec une volonté forte de l’ensemble de la communauté et une organisation réfléchie menée sous la responsabilité du chef de service et de ses adjoints pour, non seulement prendre en charge et orienter les patients, mais aussi assurer le suivi des situations médicales lourdes qui continuent malgré la situation de pandémie.

Au niveau universitaire, très tôt, une cellule de crise s’est installée, qui a permis d’assurer la continuité pédagogique avec une dématérialisation de la formation et, au-delà, un suivi humain et à distance de nos étudiants relayé par leurs délégués, élus et le vice-doyen étudiant. Nos étudiants se sont ainsi impliqués dans le relais de toute cette dynamique auprès de leur communauté en se tenant à leur disponibilité en lien avec les responsables universitaires et hospitaliers. Ils ont continué à organiser et faciliter à distance le lien pour que le suivi de leurs patients puisse être assuré par les seniors et les internes sur le front comme plus ponctuellement pour certains en s’investissant dans des actions d’aide auprès de la population. Toute cette dynamique a permis de renouer des liens et témoigne, ici comme ailleurs, de la vitalité et de la force de notre discipline dans les situations d’épreuve.

Jean Valcarcel, doyen

Cet article fait partie du dossier : Covid-19

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